Les services de maternité offerts aux femmes algériennes restent encore trop faibles, notamment dans les zones rurales. Selon l’Institut national de santé publique (INSP) 78,36 % des femmes habitant dans des régions rurales ne subissent aucune forme de suivi pendant leur grossesse. Le taux de suivi prénatal dans les zones enclavées ne dépasse pas les 21.64%, alors qu’à Alger il est de 98,7%, soit quatre fois plus faible.
Les disparités régionales sont importantes, les régions enclavées de l’Algérie bénéficient de trop peu de structures leur permettant d’offrir un suivi correct voire un suivi tout court durant la grossesse. Avec un tel taux de suivi prénatal, il est impossible de repérer en amont et de se prémunir des risques que pourrait présenter la grossesse et l’accouchement.
Mortalité importante dans tout le pays
Ce manque de structures et d’accueil pour les femmes enceintes, influe de manière importante sur le taux de la mortalité maternelle, qui reste encore en 2012, trop élevé. Selon Malika Adjali, professeur en médecine et chef de service à l’INSP, « Pas moins de 750 femmes décèdent chaque année en Algérie pendant ou juste après l’accouchement, dont 55% de cas surviennent dans les hôpitaux. » Ce bilan équivaut à 86 décès pour 100 000 femmes par an.
Là encore les femmes les plus susceptibles de mourir en couche sont celles habitant dans les régions les plus reculées. La professeur Adjali note que plus de 57% des cas de décès sont enregistrés parmi les femmes enceintes évacuées vers les hôpitaux par les structures de proximité. En effet les mauvaises conditions de transport, de gestion du passage entre ces établissements installés dans les zones reculées et les hôpitaux augmentent considérablement les risques pour les grossesses, et la mortalité maternelle.
Pour répondre à cette problématique, Malika Adjali préconise la réalisation de grandes cliniques de maternité pour réduire les transferts vers les grands hôpitaux pour une meilleure prise en charge des algériennes.