La récente visite en Algérie du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, les 15 et 16 juillet dernier, a permis de réactiver les discussions algéro-françaises sur un accord commun de défense entre les deux pays. C’est ce que nous apprenons de sources sûres qui précisent que «les deux parties ont eu des discussions sérieuses à ce sujet».
L’accord de défense entre l’Algérie et la France avait été signé, rappelons-le, en juin 2008, mais a été subitement gelé par la partie française du temps où François Fillon était Premier ministre français.
Une étude d’impact, effectué par Paris, confirme que l’accord de coopération algéro-française dans le domaine de la défense devrait «fournir un nouveau cadre juridique plus adapté au développement de nos relations bilatérales de défense avec l’Algérie».
Cette même étude, révélée par le quotidien français La Tribune, avait souligné que «les accords dans le domaine de la défense entre les deux pays sont insatisfaisants du point de vue tant de la protection offerte à nos personnels respectifs, que du champ de coopération couvert».
L’accord en question identifie, en contrepartie, plusieurs axes de coopération dans le domaine de la défense tout en excluant «l’assistance en cas de menace ou d’agression extérieure ni de crise interne.»
Possible achat d’armes françaises par l’Algérie
Ainsi, et en vertu de cet accord de défense, Alger et Paris pourront collaborer dans «l’acquisition de systèmes d’armes et d’équipements de défense, y compris via des transferts de technologies ainsi que le développement de la coopération dans la recherche scientifique et la technologie de défense».
Ce point en particulier est cher à la partie française qui y voit une brèche pour la vente d’armes de fabrication française à un client aussi gourmand que l’Algérie en matière d’achat d’équipements militaires. Verra-t-on dans le futur l’Armée algérienne s’équiper en chasseurs «Rafale» français en vertu de cet accord ? Un souhait partagé par les industriels français de l’armement.
D’autres axes de coopération sont envisagés par ce même document. Il s’agit, entre autre, «le développement d’échanges stratégiques en vue de faire face aux crises et aux facteurs de déstabilisation susceptibles d’affecter les deux pays, la coopération en matière de lutte anti-terroriste, la formation, l’organisation d’exercices conjoints, le développement de la coopération en matière de technologies et d’observation spatiales, ou encore l’échange de renseignements à caractère militaire».
Création d’une grande commission mixte
Pour ce faire, les deux pays aux relations souvent tendues envisagent la création d’une grande commission mixte franco-algérienne dans le domaine de la défense.
Cette instance sera co-présidée par un représentant du ministère de la Défense des deux pays et devra se réunira au moins une fois par an alternativement en France et en Algérie.
C’est à elle qu’incombera la lourde mission de définir les priorités en matière de coopération militaire entre l’Algérie et la France.
Hicham A.