Les Etats-Unis – par la voix du département d’Etat américain – ont appelé dimanche soir les forces de sécurité algériennes à «la retenue». Un appel qui intervient au lendemain d’une marche avortée en plein centre d’Alger et alors que l’opposition algérienne a appelé à un nouveau rassemblement samedi prochain.
«La Coordination nationale vient de finir une réunion et a décidé d’organiser une marche samedi prochain à Alger», a déclaré au téléphone Me Moustepha Bouchachi du mouvement de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD).
Quelque 2 000 personnes (3 000 selon les organisateurs) ont tenté de défiler sur la place du 1er Mai samedi. Mais très vite, elles ont été bloquées par les forces de l’ordre. De 25 à 30 000 policiers étaient déployés dans le centre mais aussi aux portes d’Alger. Après des échauffourées, plus de 300 manifestants, selon la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme, ont été interpellés parmi les manifestants, qui scandaient «Algérie Libre», «Le régime dehors!», et «Système, dégage!». On ne sait pas, en revanche, combien de manifestants ont été maintenus en détention.
La marche était prévue de la Place du 1er Mai jusqu’à la Place des Martyrs, un parcours d’environ 4 km, mais les unités anti-émeutes qui quadrillaient la zone l’ont bloquée. Dimanche, la CNCD a indiqué que les 300 personnes interpellées avaient toutes été libérées.
La CNCD, qui regroupe des partis d’opposition, des organisations de la société civile et des syndicats non officiels, est née le 21 janvier dans la foulée des émeutes du début de l’année qui ont fait 5 morts, et plus de 800 blessés. Elle exige le changement du système, et dénonce le «vide politique» qui menace la société algérienne « d’éclatement ».
Le Parisien