Les 12è Rencontres cinématographiques de Béjaia se dérouleront du 7 au 13 septembre à la cinémathèque de la ville. Organisées par l’association Project’heurts, ces Rencontres sont pensées comme un espace d’échanges pour les cinéphiles et les professionnels du cinéma.
Une conférence de presse s’est tenue mardi 2 septembre dans la matinée pour dévoiler le programme de les 12è Rencontres cinématographiques de Béjaia. Sur 165 films reçus, 34 ont été retenus par le comité de sélection des Rencontres : courts-métrages, documentaires et longs-métrages de fiction se partageront l’affiche.
Pendant une semaine, du 7 au 13 septembre, 3 projections quotidiennes seront organisées à la cinémathèque de Béjaia. Tous les films seront suivis d’un débat avec le réalisateur et/ou un modérateur. Chaque matin, à 10 H, le traditionnel café-ciné permettra au public de prolonger la réflexion. Deux sessions de débat autour du film Serge Daney, le cinéma et le monde, sont également prévues cette année.
Une programmation internationale
Comme l’a expliqué le président de l’association Project’heurts, Abdenour Hochiche, le comité de sélection n’a pas cherché l’équilibre entre cinéma algérien et cinéma international : « On voit les films pour ce qu’ils sont et non pour leur nationalité. Notre cartographie est cinématographique, pas géographique ».
En effet, le but des Rencontres n’est pas de défendre un cinéma algérien ou africain, mais de proposer au public une certaine subjectivité. « Nous n’aimons pas les films qui disent tout. Nous voulons montrer des films qui doutent, et qui interrogent directement les spectateurs », a précisé Hochiche.
Retardée
Habituellement, les Rencontres ont lieu au mois de juin. Mais, comme l’a rappelé Hochiche, la maison de la Culture de Béjaia, où se trouve le siège de l’association Project’heurts, a été saccagée le 5 avril dernier, ce qui a profondément perturbé l’organisation des Rencontres. En conséquence, l’association a décidé de reporter l’événement. « On verra bien ce que ça donne sur cette période en termes d’affluence et d’impact. Si cela fonctionne bien, on pourra envisager de décaler les Rencontres des années à venir, d’autant que le Ramadhan en 2015 et 2016 aura lieu au mois de juin », a expliqué Hochiche.
2014 est donc une année particulière pour les Rencontres. Comme l’a souligné Hochiche, l’événement a rencontré de nombreuses difficultés, mais a également reçu le soutien de centaines voire de milliers de personnes. Les organisateurs ont donc souhaité évoquer ce soutien dans leur campagne promotionnelle. Ainsi l’affiche, qui montre une femme vêtue d’un tutu de danse et de gants de boxe, est une évocation du combat mené par les Rencontres. La bande annonce de cette 12e édition revêt elle aussi un caractère particulier, puisqu’elle a été réalisée bénévolement par le magasine Ubu Mag, qui l’a ensuite donnée aux Rencontres.
Sur le plan financier, les Rencontres bénéficient cette année du soutien de l’APC de Béjaia (5 millions de dinars), du ministère de la Culture (3 millions 800 mille dinars) et de l’ambassade de France (1 million de dinars).
Regarder, échanger, réfléchir
Créées en 2003, les Rencontres cinématographiques de Béjaia ont été conçues comme une plateforme pour réfléchir sur le cinéma, et non comme un festival traditionnel avec des films en compétition. Elles permettent aux cinéphiles et aux professionnels du cinéma de voir des films, d’échanger, de réfléchir et de construire des projets.
Les Rencontres sont à cet égard le point d’orgue du travail mené à l’année par l’association Project-heurts. Un travail de terrain effectué avec le public local (ciné-club, nuit du court-métrage et ateliers divers). L’axe fondamental de ce travail est l’éducation à l’image : l’image étant de plus en plus accessible – grâce aux nouvelles technologies – il est important d’éduquer les jeunes. Ainsi, un accent particulier est mis sur les collégiens et les lycéens. Au mois d’avril, 11 collégiens de la wilaya de Béjaia ont suivi un stage d’une semaine. Ils ont écrit et réalisé un film avec leurs téléphones portables. Ce stage visait à leur faire prendre conscience de la responsabilité qu’a celui qui filme envers ceux qu’il filme. Les lycéens sont eux associés régulièrement au ciné-club : ils ont, à plusieurs reprises cette année, organisé le programme et le débat. Ils se sont également occupés de la nuit du court-métrage et ont activement contribué à la préparation des Rencontres.
Quel futur pour les Rencontres cinématographiques ?
Le président a enfin mis l’accent sur le futur des Rencontres. « C’est une manifestation en mouvement, on essaye en permanence d’ouvrir de nouvelles perspectives », a-t-il déclaré. Il n’a pas détaillé de projets concrets, mais a évoqué une « envie d’élargir » les Rencontres, afin qu’elles deviennent un rendez-vous incontournable pour les amoureux de cinéma.