Le décret exécutif n° 17-19 du 17 janvier 2017 «fixant les modalités de mise en œuvre de la procédure de dépôt de la liste des titres de livres importés avant distribution en Algérie» vient d’être publié au Journal officiel. Il en ressort que les importateurs n’auront pas le droit de commercialiser les livres qui traitent des questions du mouvement national et de la révolution algérienne qu’après avoir reçu l’aval du ministère des Moudjahidine.
En effet, l’article 2 stipule qu’ «à l’exception du livre religieux et du livre parascolaire, l’importation du livre sur support papier, numérique ou électronique, édité à l’étranger, destiné à la vente, à la lecture publique ou au don en Algérie, est soumise à la procédure de dépôt de la liste des titres auprès des services du ministère chargé de la culture avant leur distribution». Ainsi, l’importateur n’a qu’a déposer une liste contenant «le titre complet du livre, le nom de l’auteur ou des auteurs, le nom de l’éditeur, l’année et la langue d’édition, le numéro international normalisé du livre (ISBN), le cas échéant et le nombre d’exemplaires importés».
Concernant les livres traitant des questions du mouvement national et de la révolution algérienne, il doit joindre deux exemplaires (article 3). Ceux-là sont automatiquement soumis à la lecture, indique-t-on dans ce même décret. Le ministère de la Culture doit rendre sa réponse à l’importateur au bout de 30 jours. Si celui-ci n’a pas reçu de réponse, il est automatiquement autorisé à commercialiser ses livres.
Pour les livres portant sur l’histoire de la révolution algérienne, «les services du ministère chargé de la culture sont tenus de solliciter l’avis des services du ministère chargé des moudjahidine» (article 6). Dans le cas où le contenu ne plait pas, une interdiction de distribution sera remise à l’importateur en question.
Notons que le financement des films relatifs à la guerre de libération nationale est déjà soumis à l’autorisation du ministère des Moudjahidines.
Elyas Nour