Le réalisateur syrien Najdat Isamail Anzour dévoile l’envers de la monarchie saoudienne

Redaction

«King of the sand», ou le roi des sables, est un film anglais, réalisé par le syrien Najdat Isamail Anzour. Une biographie qui retrace la vie du roi Abdelaziz, fondateur de la monarchie des «Al Saoud» en Arabie Saoudite. Diffusé récemment en Angleterre, il suscite la polémique. 

Le film est officiellement sorti l’année passée. Mais, sa diffusion dans des salles anglaises, il y a quelques jours, a provoqué une polémique autour du réalisateur et ses objectifs. Le film est sans concessions avec le roi Abdelaziz. Il évoque tous les traités signés par le roi saoudien avec la Grande Bretagne. Toutes les manœuvres entreprises, notamment au détriment d’autres tribus et pays de la région pour asseoir son pouvoir.

Il effleure également les aides dont il a bénéficié de la part des anglais, ou même américains, afin de fonder cette monarchie. Ce qui, bien évidemment, n’a pas été du goût des Saoudiens qui ont tiré à boulet rouge sur le réalisateur syrien. Il est accusé de régler ses comptes avec la monarchie en raison du soutien exprimée par celle-ci envers les groupes djihadistes opérant en Syrie.

Certains sites Internet ont mis en ligne des photos du réalisateur Najdat Isamail Anzour en compagnie du président syrien Bachar Al Assad. Le quotidien arabophone «El Khabar» a rapporté que le réalisateur s’est expliqué hier sur la chaîne de télévision anglaise «BBC» à propos de son recours à des comédiens étrangers, les principaux rôles étant interprétés par Fabio Testi et Bill Fellows. Il évoque la crainte des comédiens arabes de jouer des rôles dans un film critique vis-à-vis de l’Arabie Saoudite, comme pour montrer toute l’influence qu’a la monarchie.

A noter que Najdat Isamail Anzour est beaucoup plus connu à la télévision qu’au cinéma. Fils du premier cinéaste syrien Ismaïl Anzour, il a été désigné en 2001 membre du jury des films de télévision au 41e festival de télévision de Monte-Carlo. Najdat a acquis sa notoriété dans le monde arabe en 1994 en produisant le film «Nihayat al rajoul alchouja’a» (la fin d’un homme courageux NDLR). Pour l’heure, la monarchie saoudienne n’accepte pas d’être remise en cause, surtout lorsque ses relations avec les puissances occidentales sont évoquées.

 Elyas Nour