De la culture, de la littérature, des rencontres passionnées et de l’émotion… Le Salon International du Livre d’Alger (SILA) 2013 se résume en ces quelques mots. Cette nouvelle édition mélange encore tous les genres littéraires mais certains stands et conférences ont suscité plus d’engouement que d’autres. Lesquels à votre avis ?
Le rendez-vous littéraire de l’année se déroule au SILA pour les Algériens, cela ne fait plus de doute. Cet événement qui a lieu chaque année depuis 18 ans, a encore réussi à réunir des milliers d’Algériens de tout le pays. Avec 900 exposants cette année venus du monde entier, la diversité était assurée pour ce grand événement qui dure du 31 octobre au 9 novembre au Palais des Expositions à Alger. Difficile de résumer cet événement gigantesque qui consacre la littérature et l’histoire, mais l’on retient que l’échange est le maître mot de ce nouveau salon du livre, grâce aux nombreux stands tenus par les maisons d’édition, des conférences, des débats, des hommages et même une exposition sur la BD.
Best-sellers ?
La plupart des visiteurs étaient venus pour dénicher les perles rares de la littérature difficiles à se procurer le reste de l’année dans le pays. Le succès revient encore cette année sans surprise aux livres religieux. Les lecteurs algériens étaient nombreux à s’être déplacés à la Safex, aux Pins Maritimes à Alger, notamment mardi 5 novembre, où ils ont profité d’un jour férié, pour découvrir les nouveautés des maisons d’édition venues du monde entier. Ce sont principalement celles qui se consacrent à la publication de livres religieux qui ont attiré le plus de monde, notamment les écrits publiés au Liban ou au Koweit. Les publications algériennes ont également rencontré un grand succès. « Le SILA me permet de trouver des écrits du monde entier concernant l’islam. Je peux élargir mes connaissances en lisant différents points de vue. Le reste de l’année c’est plus difficile de trouver des livres variés à Alger », explique Souhila.
Plus généralistes, les éditions Casbah ont également attiré les visiteurs en « recherche de nouveautés », explique un exposant de la célèbre maison d’édition. « Les visiteurs recherchaient surtout cette année les deux derniers livres de Yasmina Khadra, mais aussi les mémoires ou livre d’histoire. Mais c’est le livre de Karim Younes, Aux portes de l’avenir qui a été le plus vendu depuis le début du salon », précise l’exposant.
Les manuels scolaires pour les enfants à l’école primaire, et ceux pour l’enseignement supérieur ont également attiré les Algériens. « Pour mes enfants j’attends toujours le Salon du livre pour leurs trouver des livres intéressants qui les aideront à l’école », explique Soraya mère de deux enfants. Du côté des étudiants, ce sont les livres de droit qui ont été les plus plébiscités, estime un exposant des éditions Dar al Houda, l’un des stands les plus fréquentés lors du salon.
La bande dessinée star du SILA
La petite nouveauté du SILA 2013 est sans doute l’engouement pour la bande dessinée. En plus d’une exposition dédiée à ce genre littéraire, le stand des éditions Dalimen, la BD était la star du salon. « C’est vrai qu’on observe plus d’attrait chez les Algériens pour la BD par rapport à l’an dernier. On a vendu beaucoup d’exemplaires, et les gens nous demandent de plus en plus de renseignements. Le Festival International de la Bande Dessinée (FIBDA) organisé il y a quelques semaines à Alger a favorisé cet engouement », explique un exposant des Editions Dalimen. Même constat à l’exposition de la BD, certes le public était moindre que du côté des stands de livre mais l’intérêt était tout aussi palpable. Les lecteurs étaient très impliqués et découvraient avec amusement les planches de bandes dessinées, des plus célèbres, telles que Spirou, aux dernières nouveautés. Les bédéistes algériens étaient également très demandés, notamment Le burnous de David, La révolte de Zina ou encore E=MCA qui ont ravi les lecteurs cette année.
Hommages aux grands de l’Algérie
Au-delà de la vente de livres, le SILA 2013 a également été l’occasion de rendre hommage à des grands hommes, comme Mouloud Ferouan dont on fête cette année le centenaire de sa naissance. Mais ce salon est aussi l’occasion d’adresser un énième aurevoir aux grands noms disparus récemment tels qu‘Henri Alleg, ou encore Jacques Verges, dont l’hommage a été l’un des moments forts du SILA. La mémoire du célèbre avocat a été honorée par la nièce de l’avocat, Françoise Verges, Zohra Drif, Anis Naccach, Roland Dumas, Miloud Brahimi et bien d’autres, en présence de Khalida Toumi, la ministre de la Culture. Devant un public très nombreux et très ému, les intervenants ont évoqué l’histoire du fameux procès de Djamila Bouhired, et du rôle fondamental de l’avocat dans l’histoire algérienne de « mon frère Jacques Verges », comme l’a rappelé la moudjahida Zorha Drif, les larmes aux yeux, lors de son intervention. « Jacques Vergès est l’âme de la libération nationale », a estimé Mme Drif.
D’autres rendez-vous de l’histoire sont encore programmés d’ici la fin du SILA, tels que l’hommage rendu à Pierre Chaulet ce jeudi à partir de 15h. Les derniers jours du salon seront aussi l’occasion de découvrir des auteurs lors de ventes-dédicaces et des débats très variés.
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