Le chiffre est ahurissant. Mais ce n’est nullement une surprise au vu des scandales financiers qui se suivent et se poursuivent. Les banques publiques algériennes ont octroyé, ces dernières années, des crédits d’une valeur avoisinant les 40 000 milliards de centimes.
Le plus étrange, ce ne sont pas seulement 40 ou 50 hommes d’affaires qui ont bénéficié de ces crédits, nous apprend dimanche le quotidien arabophone «El Khabar». Le hic est que, dans la majorité des cas, ces crédits n’ont pas été utilisés comme convenus. En d’autres termes, des sommes colossales ont été «offertes» pour des personnes «influentes» sans qu’il y ait le moindre contrôle. A ce sujet, la même source rappelle, à cet effet, les cas des groupes Blanky, qui aurait bénéficié de 130 crédits d’une valeur de 11 milliards de dinars, de la part de la Banque nationale d’Algérie (BNA), sans garanties, et celui de «Tonic Emballage» nationalisé suite à l’incapacité de son patron de rembourser 6000 milliards de centimes. Des situations que, apparemment, les responsables du secteur financier ne veulent pas rééditer.
Néanmoins, la gestion «politique» de ces dossiers rend la lutte contre la «dilapidation» de l’argent public, préméditée ou non, quasi impossible. Il est indiqué, à cet effet, que le coût des financements des projets de jeunes, selon les trois formules, Ansej, Angem et Cnac, a atteint les 250 milliards de dinars. Sauf que, la majorité de ces projets ne sont pas encore concrétisés. Beaucoup de crédits ont été accordés sans un véritable contrôle des banques. Effectivement, dans l’objectif de «calmer» les jeunes demandeurs de crédits de l’ANSEJ, les autorités algériennes ont demandé aux banques, de ne pas être «trop rigoureuses» dans l’étude des dossiers ANSEJ. En d’autres termes, les banques sont «sommées» d’offrir des crédits aux jeunes sans aucune garantie solide. Et c’est, bien évidemment, le trésor public qui paye la facture de ces «pertes» à travers les différents fonds de garantie mis en place par le gouvernement. Ainsi, après les «gros» crédits octroyés à des personnes influentes, voilà que les banques «offrent» des milliers de «petits» crédits à des demandeurs ne présentant également aucune garantie de remboursement. Dans les deux cas, il y a dilapidation de fonds publics.
Elyas Nour