Chute des prix du pétrole : un ancien ministre algérien des Finances tire la sonnette d’alarme

Redaction

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La chute des prix du pétrole, qui ne cessent de dégringoler depuis le mois du juin passé, fait craindre le pire pour l’économie frileuse de notre pays. Nombreux spécialistes et économistes expriment leurs craintes si la situation actuelle persiste.

L’économie algérienne, basé en grande partie sur les importations, dépend exclusivement des exportations d’hydrocarbures. L’or noire, ou  « La baguette du pain du peuple algérien », connait une baisse des prix au niveau du marché mondial. La panique commence à gagner nos responsables et les économistes. L’ex-ministre des Finances entre 1991-1992, Ali Bounouari, qui s’exprimait sur la chaîne de télévision Al Magharibia, explique que notre pays n’exporte que pour une valeur de moins d’un milliard de dollars, hors hydrocarbures. Contrairement à vos voisins Marocains et Tunisiens, qui développent une économie plus forte et qui leur permet d’exporter leurs produits, les exportations algériennes reposent sur les hydrocarbures. Les Marocains, explique Bounouari, exportent pour une valeur d’environs 25 milliards de dollars, et les tunisiens pour 16 milliards de dollars. Les exportations algériennes ne dépassent pas 1 milliards de dollars hors hydrocarbures. Du coup, l’économie nationale, très frileuse, est vite menacée à chaque fois que les du pétrole baissent. Pour l’ex-ministre algérien, c’est la souveraineté nationale du pays qui est en jeux quand l’économie nationale fait face à un risque. « C’est une économie forte qui assure une souveraineté nationale, non pas l’achat d’armes à coup de milliards », a-t-il indiqué. « Tant qu’on parle des prix du pétrole, on oublie l’après pétrole » dira-t-il encore.

Cela est le résultat de la politique rentière qu’adoptent nos gouvernants. La fièvre dépensière qui a marqué ces dernières années notre économie, sans apporter de résultats positifs, n’est pas sans conséquences pour l’avenir du pays. Bounouari explique que dans le cas de notre pays, cela n’est pas un problème économique, c’est un problème politique. « Les règles économiques ne mentent pas. Si un politique peut mentir pour le peuple, les règles économique ne mentent pas », expliquent-t-il en rappelant que notre pays n’est pas loin de la situation économique que nous avons connu vers la fin des années 80. Les risques d’une chute libre qui menacent notre économie sont toujours les mêmes car durant ces 15 dernières années, le régime n’a pas réussi à construire une économie et une industrie nationale fortes, à même de prémunir le pays de ce genre de catastrophes, s’inquiète en dernier lieu l’ancien ministre des finances.

Arezki IBERSIENE