Le wali de Béjaia, Hamou Ahmed Touhami, a tiré la sonnette d’alarme : plusieurs projets très importants sont compromis. Il s’agit ni plus ni moins de la pénétrante autoroutière, reliant la ville de Béjaïa à l’autoroute Est-Ouest, et du dédoublement de la voie ferroviaire Béjaïa-Beni Mansour.
Le problème réside dans le manque d’un matériau essentiel pour la réalisation de ces projets, à savoir l’agrégat. Selon le quotidien francophone Le Soir d’Algérie, qui a donné l’information dans son édition de mardi, cette pénurie est expliquée par le fait qu’à Béjaia, les citoyens s’opposent souvent à l’ouverture de carrières dans leur région, les jugeant nuisibles. Un avis que partage également des élus locaux qui, dans beaucoup de cas, n’acceptent pas d’aller à l’encontre de la volonté de leurs électeurs.
Sur la trentaine de carrières existantes, seule une dizaine sont fonctionnelles. Le wali a ainsi réuni ces derniers jours responsables et élus locaux afin de les sensibiliser sur la nécessité de rouvrir les carrières fermées. Si, selon les entreprises chargées de la réalisation des deux projets, les chantiers nécessitent plus de six millions de tonnes d’agrégat, les carrières fonctionnelles de la wilaya n’en produisent qu’environ deux. Ceci, en plus, bien évidemment, du problème d’expropriation et d’indemnisation des citoyens.
Il est utile de rappeler que le projet du dédoublement de la ligne ferroviaire Béjaia-Beni Mansour, longue d’un peu plus de 100 kilomètres, a été décrétée officiellement projet d’intérêt public et d’envergure nationale en décembre dernier. C’est un projet d’un coût de 106 milliards de dinars (un peu plus d’un milliard de dollars). Le second projet est encore plus important. La pénétrante autoroutière, longue également de près de 100 kilomètres, est d’un coût de 120 milliards de dinars (près d’un 1,2 milliards de dollars). C’est le groupement algéro-chinois, CRCC-Sapta, qui devrait réaliser ce projet dans un délai de 36 mois. En plus des routes, le groupement réalisera une quarantaine d’ouvrages d’arts, 7 échangeurs, 13 viaducs, un tunnel de près d’un kilomètre, etc. La réalisation des deux projets pourrait donc être retardée.
Elyas Nour