Complexe sidérurgique de Bellara : Rabrab a-t-il été écarté en faveur des Qataris ?

Redaction

Les investissements qataris en Algérie se multiplient. Le petit émirat du Golf, qui en passe de devenir l’un des premiers investisseurs dans le monde, va mettre 2 milliards de dollars pour la réalisation, dans la zone industrielle de Bellara, une usine de sidérurgie.

L’Algérie et le Qatar ont créé, mercredi, une société mixte pour réaliser un complexe sidérurgique à Bellara (Jijel) d’une capacité de 5 millions de tonnes par an, en vertu d’un accord ratifié mercredi à Alger entre les deux pays, a rapporté l’APS. L’accord avait été signé par le ministre algérien de l’Industrie et le ministre qatari de l’Economie et des Finances. La société, qui sera détenue, à 51% par l’Algérien Sider et le Fond national des Investissements et à 49% par les Qataris, permettra la création de 2000 emplois directs et la production de 2 millions de tonnes d’acier par an dans un premier temps.

La production va être portée, plus tard, à 5 millions de tonnes. Ce qui permettra à l’Algérie de réduire son importation en acier, dont la valeur est actuellement de 20 milliards de dollars par an.

Jusque-là, rien d’étonnant. Surtout que les Qataris sont en train de mettre leur argent dans des projets implantés un peu partout dans le monde, y compris dans les grandes puissances.

Mais le plus étonnant, est que, il y a plusieurs mois, ce projet de la construction d’un complexe sidérurgique à Bellara avait été convoité par l’homme d’affaires algérien, Issad Rabrab. Ce dernier projetait de mettre 7 milliards de dollars dans un projet qui devait produire, selon ses estimations, 5 millions de tonnes par an.

Avec, à la clef 5000 emplois directs. Mais le projet du patron de Cevital n’avait jamais reçu l’accord du Conseil national des investissements. Comme seule réponse à ce « refus » déguisé, l’ancien ministre de l’Industrie avait répondu que « le projet n’existait pas ».

Le patron du groupe Cevital n’est pas à sa première mésaventure. Il a déposé, depuis quelques années, une proposition pout la création d’un mégaprojet de 20 milliards de dollars à Cap-Djinet, dans la wilaya de Boumerdès. Ce projet, qui doit contenir entre autres un port et une centrale électrique, a pour ambition de créer plus de 2 millions d’emplois directs. A la grande déception de l’homme d’affaires, il n’a toujours pas reçu de réponse des autorités.

Une partie de la réponse aux projets de Rabrab se trouve peut-être dans cet accord signé entre le ministère de l’Industrie et l’Etat du Qatar. Autrement dit, on préfère un étranger à un investisseur algérien qui, même s’il n’est peut-être pas exempt de tout reproche, a fait ses preuves. Ceci pour des raisons souvent obscures. Parmi les causes, fantaisistes, qu’on a avancées, se trouve celle liée à d’éventuelles ambitions politiques de l’investisseur. Quel gâchis !

Essaïd Wakli