La production agricole ne semble plus être une priorité en Algérie. Des milliers d’hectares ont été détournés de leur vocation agricole depuis l’indépendance, le signe d’une forte urbanisation du pays depuis l’Indépendance.
Depuis l’indépendance de l’Algérie, ce sont plus de 150.000 ha de terres dont l’usage a été détourné de leur fonction initiale selon le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa. Ce dernier regrette que ces terres agricoles aient abandonné leur vocation de culture et de production agricole.
Le ministre justifie ainsi ce détournement de ces terres par la priorisation du développement du bâti. Mais M. Benaïssa a expliqué que processus avait tendance à se calmer grâce à un dispositif mis en place par l’Etat algérien pour « freiner la perte des terres agricoles ». « Il a fallu des rappels à l’ordre par le président de la République et des lois exigeant des conditions à ce détournement des terres agricoles », a-t-il soutenu.
La sonnette d’alarme avait déjà été déclenchée par le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Mohamed Alioui qui estimait que près de « 30% des terres, destinées à la production agricole, sont laissées à l’abandon, ajoutons à cela, les nombreuses terres qui ont été vendues ou détournées de leur véritable vocation».
Contrôler ce détournement par la loi
Le détournement des terres agricoles « a été toujours un sujet de discorde entre le secteur agricole et d’autres secteurs, mais il devient de plus en plus difficile grâce à la promulgation des lois », a reconnu M. Benaïssa. La loi d’orientation agricole de 2008 et celle portant sur l’exploitation des terres du domaine privé de l’Etat de 2010 avaient fixé le cadre dans lequel les terres « à faibles potentialités agricoles » peuvent être utilisées pour la réalisation des projets d’équipements publics et des constructions. La distraction des terres agricoles au profit des projets de développement se fait désormais par décret, suite à une décision du gouvernement en vigueur depuis 2011.
Redorer le blason de l’agriculture
Cette transformation des terres a malheureusement un impact sur les capacités de production de l’Algérie, privilégier le bâti à l’agriculture, ne permet pas au pays de gagner une autonomie, qui reste dépendante de ses importations alors qu’elle dispose d’un fort potentiel agricole. « Je comprends que d’autres secteurs ont besoin de terres pour créer des conditions de vie, c’est normal (…) mais cela ne doit pas être au détriment des terres agricoles », a estimé le ministre de l’agriculture.
Le secrétaire général de l’UNPA avait alors appelé les jeunes agriculteurs à « exploiter, en urgence, ces terres, en profitant des aides octroyées par les pouvoirs publics.» En effet l’Etat algérien a mis en place certaines mesures pour aider les jeunes Algériens à se lancer dans l’agriculture. En novembre 2012, un plan de développement de l’agriculture du gouvernement consacrait une enveloppe de 7 milliards pour aider, en partie, les jeunes Algériens, désirant investir dans ce secteur. Des aides de financement et des offres de crédits existent, notamment dans le sud, pour redonner envie aux Algériens de se consacrer à cette culture de la terre.
La rédaction avec APS