Dubaï, Hong Kong, Luxembourg et Iles Vierges Britanniques, ces paradis fiscaux très prisés par la Mafia algérienne

Redaction

Le malheur de l’Algérie fait le bonheur de plusieurs paradis fiscaux. En effet, des enquêtes déclenchées par la Banque d’Algérie et des banques internationales établies en Algérie ont fini par dresser la  liste des paradis fiscaux les plus prisés par la mafia algérienne constituée essentiellement d’importateurs véreux qui blanchissent leurs argents détournés, volés ou provenant des activités criminelles en important tout et n’importe quoi à partir de ces paradis fiscaux. 

Dubaï, Hong Kong, Luxembourg et les Iles Vierges Britanniques, voici les pays avec lesquels les caïds et barons de l’import en Algérie traitent pour expatrier leurs devises. Grâce à leur fiscalité réduite, avec des niveaux d’imposition presque nuls, et à l’absence d’un accord de coopération fiscale qui lie l’Algérie à ces pays, la mafia algérienne a réussi à faire évader de notre pays au moins deux milliards d’euros, a-t-on appris d’une source très bien introduite au sein de la Banque d’Algérie. Comment est-ce possible ? Et bien, la procédure est, en réalité, tristement simple : les importateurs véreux algériens qui utilisent des registres de commerce falsifiés et des fausses déclarations d’importation commencent, d’abord, par immatriculer des entreprises dans ces pays où il est possible de créer une société avec quelques dizaines d’euros pour capital. La deuxième étape, nous apprennent les investigations menées par des institutions bancaires, consiste à transformer ces entreprises domiciliées à Dubaï, Hong Kong ou au Luxembourg, en fournisseurs qui achètent des divers produits fabriqués en Chine, Taïwan ou le Bangladesh.

Ensuite, ces mêmes importateurs se présentent dans les banques algériennes pour demander l’ouverture d’un crédit documentaire en présentant des factures établies par ces fournisseurs basés dans les paradis fiscaux. Ainsi, le mafieux algérien commande, avec un faux registre de commerce, à sa propre société créée dans ces pays des produits pour les importer et les commercialiser en Algérie ! C’est à ce moment-là que la surfacturation entre en jeu. Le fournisseur basé à Dubaï, Hong Kong ou les Iles Vierges Britanniques surfacture le produit en décuplant ou même en centuplant ses prix pour permettre à l’importateur algérien de faire évader de grosses sommes en euros ou en dollars.

A titre d’exemple, récemment, dans une agence appartenant à une banque internationale installée en Algérie, un importateur de briquet avait commandé 1 million de briquets à un fournisseur basé aux Iles Vierges Britanniques. Cette opération allait lui permettre de transférer à l’étranger la somme d’un million d’euros car chaque briquet était facturé à un euro. Mais, l’opération d’importation a été bloquée par la maison mère de cette agence bancaire car le fournisseur n’a pas été clairement identifié. Après quelques recherches, il a été découvert que ce fournisseur est ce même importateur ! Ainsi, le briquet acheté en chine à 0, 01 euro a été facturé ensuite à un euro. Le coûte réel de la marchandise ne dépassait donc pas les 10 mille euros. Mais cet importateur algérien l’a facturé à un 1 million d’euros ! Ce qui lui aurait permis de transférer à l’étranger toute cette somme de manière illicite, mais légale dans la forme.

Il ne dépense donc que dix mille dollars en marchandises garde tout le reste, c’est-à-dire les 990 mille euros. Si cette opération frauduleuse a été bloquée, c’est parce que la maison mère de cette banque travaille avec les places financières internationales et ne peut pas se permettre de transférer de l’argent vers des fournisseurs douteux et non-identifiés. En revanche, les banques publiques algériennes de la BEA jusqu’à la BNA ainsi que des banques comme l’AGB, la Housing Bank ou la Fransabank, qui ne sont guère présentes dans ses places internationales, travaillent sans procéder à aucune vérification lorsqu’on leur présente des factures de fournisseurs basés dans ces paradis fiscaux.

Par conséquent, des millions et des millions d’euros, pour ne pas dire des milliards, quittent illicitement l’Algérie en échange d’une marchandise médiocre, souvent périmée même. D’après nos sources qui occupent des postes importants dans le secteur bancaire en Algérie, les trois filiales qui attirent les opérations de blanchiment d’argent et de transfert illicite de devises vers Dubaï, Hong Kong ou les Iles Vierges Britanniques, sont l’importation des vêtements, les produits alimentaires et les divers gadgets. Au moins deux milliards d’euros quittent ainsi l’Algérie par le biais des surfacturations effectuées par ces importateurs véreux, le noyau de la mafia algérienne. Et cette hémorragie ne va pas s’arrêter tant que l’Etat algérien ne contrôle pas sérieusement l’organisation des flux financiers qui partent vers ces paradis fiscaux.