« Sonatrach recrute au Sud autant qu’elle le peut, considérant ses propres exigences technico-économiques. Il est faux de dire qu’elle ne le fait pas ». C’est en ces termes que Mourad Preure, expert pétrolier international et président du cabinet Emergy, est intervenu dans le débat houleux portant sur le recrutement dans le Sud, la région qui souffre le plus du chômage massif en Algérie.
D’après Mourad Preure, « le problème est qu’on ne peut recruter qu’en fonction des compétences disponibles dans la région », a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé nos confrères d’El Watan. Pour cet expert international, ce sont les universités algériennes qui n’assument pas leur responsabilité et ne forment pas suffisamment de compétences dans les régions du sud du pays. C’est pour cette raison que la compagnie nationale Sonatrach se retrouve souvent obligée de recourir à la main d’oeuvre originaire du nord pour répondre à ses besoins. « Sonatrach est en mesure de faire plus, d’entraîner les PME, mais aussi les universités algériennes pour les aider à se porter aux standards scientifiques et technologiques internationaux pour que nous devenions un pays de référence dans les technologies qui touchent à l’énergie », a relaté à ce sujet Mourad Preure qui a déploré l’inefficacité des universités de Laghouat, Adrar et Ouargla lesquelles n’arrivent toujours pas à devenir « des références en géosciences et technologies pétrolières ». « Sans grande ambition, il n’y a pas de grande réussite. Arrêtons de poser le problème de l’emploi tant au Sud qu’au Nord seulement en termes de politique sociale ! », a encore regretté cet expert.
Mourad Preure a signalé en dernier lieu que les besoins de l’Algérie en matière de gestion des ressources humaines « sont immenses ». « Je pense que la vraie richesse de l’Algérie ce ne sont pas ses hydrocarbures mais surtout son intelligence. Nous avons un potentiel inestimable en expertise existant autant en Algérie qu’à l’étranger. Ce potentiel, bien souvent marginalisé, est en mesure d’amener des solutions de rupture, des solutions innovantes. Nos réserves d’hydrocarbures sont à considérer non pas comme source de rente, mais comme un levier décisif pour donner un nouvel élan à notre nation », a-t-il fait remarquer à cet égard.