Le FCE, le patronat algérien étouffe financièrement

Redaction

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Le Forum des chefs d’entreprises, très puissante organisation patronale, vit une crise sans précédent. Elle ne cesse de faire les frais de son soutien au quatrième mandat de l’actuel chef de l’État. Depuis sa création en octobre 2000, cette association, qui regroupait au mois de mai dernier environ 663 entreprises cumulant un chiffre d’affaires global de plus de 15 milliards de dollars, n’a jamais été aussi déstabilisée. À la cascade de démissions survenues dans la foulée de la campagne électorale d’avril dernier viennent se greffer des problèmes d’ordre financier. 

La première organisation patronale du pays, le Forum des chefs d’entreprise (FCE), étouffe financièrement. C’est ce qu’a a indiqué à Algérie-Focus.com un membre influent de cette organisation, qui a souhaité garder l’anonymat.

Notre source affirme que pas moins de 90 membres ne se sont pas acquittés de leur cotisation annuelle dont le montant est de 200 000 DA par personne, provoquant un manque à gagner s’élevant à 18 millions de dinars. C’est la méthode qu’ont choisi ces réfractaires, réputés proches d’Issad Rebrab, patron du groupe Cevital, pour exprimer leur mécontentement suite à la démission de Rebrab à la fin du mois de mai dernier et afficher leur désaccord avec les responsables actuels de l’organisation patronale.

Déjà fragilisé par des luttes intestines, le FCE se trouve ainsi amputé d’une bonne partie de ses sources de financement. « Pour faire fonctionner l’organisation, nous avons besoin de 60 millions de dinars par an. Cette enveloppe sert à couvrir les différentes charges de l’organisation : les salaires de nos employés (une vingtaine), le loyer (un million de dinars  par an) ainsi que les frais relatifs aux différente rencontres et activités que nous organisons », explique notre source.

S’agissant de la supposée démission de Réda Hamiani, notre interlocuteur affirme qu’ « il  a été contraint de démissionner sous la pression des dissidents qui lui reprochent une mauvaise gestion ».  Élu l’an dernier pour un quatrième mandat jusqu’à décembre 2015, l’ancien ministre des petites et moyennes entreprises a fait part récemment de sa décision de ne pas terminer son mandat de président du Conseil d’orientation stratégique (COS) du forum. Cette information a été confirmée par un de ses vice-présidents, Karim Chérif, à nos confrères de Maghreb Émergent.  Quant à l’actuel secrétaire général par intérim,  Sid Ahmed Tibaoui, « il est perçu plutôt comme fonctionnaire que patron. Il est loin de faire l’unanimité », ajoute notre source.

S’agissant de l’assemblée générale élective qui devra porter un nouveau patron à la tête du forum, notre source indique qu’elle aura lieu avant la fin de l’année en cours. Mais, avant ce rendez-vous électoral, c’est au cours de la réunion du bureau exécutif, prévue mercredi prochain, que la probable démission de M. Hamiani devrait être officialisée.

Rappelons que le patron de NCA Rouiba, Slim Othmani, avait, lui aussi, démissionné du forum à la veille de l’élection présidentielle d’avril dernier en signe de protestation contre le soutien de l’organisation à un quatrième mandat de Bouteflika. Quelques jours après, Lotfi Nezzar, patron de la société d’exploitation des services Internet et des réseaux de télécommunication Smart Link Communication Spa, et fils de l’ancien ministre de la Défense Khaled Nezzar, lui a enjoint le pas en remettant se lettre de démission le 30 mars dernier. Au lendemain de la reconduction de Bouteflika, Issad Rebrab a lui aussi claqué la porte de l’organisation  sans pour autant motiver  sa décision.

Yacine Omar 

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