Mais pour la première fois depuis l’indépendance des de l’Algérie, les liens entre les deux pays sont surtout basés sur l’intérêt mutuel. Plus que cela, les deux pays discutent désormais affaires au lieu du discours traditionnel basé sur les sentiments.
Dans le but d’équilibrer son budget et faire face à un déficit chronique de sa balance de paiement, l’Egypte cherche des financements extérieurs. Hichem Kendil est justement venu à Alger pour chercher un prêt de 2 milliards de dollars. L’annonce officielle n’a pas encore été faite. Mais les médias égyptiens, qui citent des sources diplomatiques, parlent d’une demande dans ce sens des autorités du Caire. Il s’agit d’un prêt à long terme qui permettra au pays de Pharaons de pouvoir solliciter un plan du Fond monétaire international.
Solliciter l’Algérie n’est pas fortuit. Les Egyptiens jouent sur la fibre de l’appartenance au monde arabo-musulman et les relations, souvent excellentes malgré les passages difficiles, qu’entretiennent les deux pays. Puisque même au sommet de la dégradation des rapports politiques, notamment suite aux différents répétitifs entre Abdelaziz Bouteflika et l’ancien Raïs d’Egypte, Moubarak au sujet de la gestion de la Ligue arabe, l’Algérie a continué à fournir au Caire le gros de ses besoins en gaz, notamment butane. C’est une ressource névralgique pour un pays qui dépend beaucoup de l’importation pour faire face à ses besoins énergétiques.
L’autre argument des Egyptiens est que l’Algérie dispose de suffisamment de ressources financières. Elle ne trouvera donc pas d’inconvénient à prêter à un pays ami. Mieux, avec 5 milliards de dollars, Alger a suffisamment de poids au Fond monétaire international. Ce qui lui permettra d’avoir suffisamment d’influence sur cette institution internationale.
Pour le reste, l’Egypte tentera de renforcer ses investissements en Algérie. Des investissements déjà suffisamment importants avec la présence d’entreprises déjà bien placées sur le marché algérien.
Essaïd Wakli