En dépit de ses problèmes, ses paradoxes et ses multiples obstacles, le marché algérien continue à faire rêver les entreprises françaises. Confrontées à une concurrence chinoise, turque, anglaise ou égyptienne, les entreprises françaises ont décidé de redoubler d’efforts pour s’assurer une bonne part du gâteau algérien.
Un gâteau au goût amer quelques fois, mais qui demeure au fond succulent. C’est du moins ce que de nombreux entrepreneurs français nous ont confirmés en marge des travaux du forum de partenariat franco-algérien. « Nous sommes en pleine expansion en Algérie. Nous avons déjà certifié les quatre complexes GNL de Sonatrach et nous travaillons sur nombreux autres projets. Notre équipe ne cesse de grandir et nous croyons fortement dans le potentiel algérien », nous fait savoir tout de go Abdelkader Boudjellal, responsable certification au Bureau Veritas, leader mondial dans l’évaluation de la conformité et la certification, présent en Algérie depuis 2007. L’optimisme affiché par Abdelkader Boudjellal est partagé également par Latif Badji, cadre commercial de JCDecaux, un groupe industriel français spécialisé dans la publicité urbaine. « Tous les cadres dirigeants sont algériens. Nous n’avons trouvé aucune difficulté à recruter. Et lorsque nous avons manqué de main-d’oeuvre, nous avons opté pour la formation des jeunes que nous prenons dans nos équipes. Il y a beaucoup d’énergie en Algérie et les obstacles dont on parle tout le temps sont surmontables s’il y a réellement un transfert de technologie », relate notre interlocuteur.
Même philosophie pour Renault qui de son côté a pris le parti de miser sur l’Algérie en signant un accord visant à installer sa toute première unité de production à Oran. En dépit d’un manque de main d’œuvre et d’un terrain peu favorable à l’activité industrielle, Guillaume Josselin, Directeur Général de Renault Algérie assure qu’il s’agit « d’un bon investissement » et promet que Renault mettra l’accent sur la formation de la main d’œuvre afin de proposer une production automobile de qualité :
Guillaume Josselin : [audio:http://www.algerie-focus.com/wp-content/uploads/2013/05/Guillaume-Josselin-Renault.mp3]
Entreprendre coûte que coûte
Le transfert de savoir-faire, c’est justement le cheval de bataille de Lafarge, ce grand groupe français présent en Algérie à travers deux cimenteries en activités. En partenariat avec un opérateur privé algérien, Lafarge s’apprête à lancer une troisième cimenterie à Biskra. La règle des 51\49, la pénurie de la main-d’œuvre qualifiée, tous ces problèmes, Lafarge les a surmontés avec une stratégie huilée basée sur la formation et un management efficient. Pour installer sa nouvelle unité à Biskra, l’enseigne française a opté pour un partenariat avec un opérateur privé algérien. Toutefois, cette collaboration n’a pas pour autant facilité la percée de Lafarge en Algérie. Certes l’entreprise reconnaît que la difficulté d’entreprendre en Algérie, mais sa présence de longue date sur le territoire algérie a été un atout. Karim Ghali, Directeur Marketing Opérationnel, dans un premier temps, et Olivier Guise, Directeur de Projet chez Lafarge reviennent sur le parcours de la cimenterie :
[audio:http://www.algerie-focus.com/wp-content/uploads/2013/05/Lafarge-confiant-dans-le-marché-algérien.mp3]
Facilitations ?
Malgré l’assurance et l’investissement de ces entreprises françaises, ces dernières attendent tout de même de l’Etat algérien, une amélioration du climat des affaires. Certes elles peuvent trouver une parade pour le manque de main d’oeuvre, les ressources humaines, ou le financement. Mais il reste l’épineux problème de l’administration algérienne, véritable frein à l’entrepreneuriat. La marque Danone installée depuis 12 ans en Algérie, estime que le pays est un terrain favorable à l’investissement et propose de belles opportunités, et pourtant elle souhaiterait encore des facilitations de l’ensemble de l’environnement des affaires, comme l’explique le directeur général de Danone Algérie, Jean Yves Broussy :
[audio:http://www.algerie-focus.com/wp-content/uploads/2013/05/danone-faciliter-lenvironnement.mp3]
Les doléances de ces entreprises seront-elles entendues par les autorités algériennes ? C’est en tout cas la promesse faite par Chérif Rahmani mardi matin lors du forum Algérie-France. Dans son allocution il a promis d’adopter prochainement des mesures incitatives concrètes pour encourager l’investissement productif.