Le gouvernement tente de cacher l’évidence : au lieu de mettre en place une vraie politique touristique en Algérie, le ministère de tourisme se joue des chiffres. Il a annoncé, hier, que le pays a reçu près de 900 000 touristes étrangers depuis le début de l’année en cours.
Le chiffre est globalement stable depuis plusieurs années. Le nombre d’étrangers qui visitent le pays se situe autour de 1,5 million de touristes. C’est le chiffre annoncé par les autorités. Mais jamais aucun responsable n’a expliqué comment il a pu avoir ce nombre. Et l’actuel ministre a même annoncé, l’année passée, près de 2 millions de visiteurs. Compte-t-on parmi ces touristes les émigrés algériens qui viennent au pays chaque année passer leurs vacances ? Fait-on le décompte de tous les experts qui viennent assister aux rencontres économiques ? C’est très probable.
L’Algérie est un pays potentiellement touristique. Cela est même une évidence. Mais ni les infrastructures ni la mentalité n’en font un pays touristique, malgré l’activisme débordant du ministre Mohamed-Amine Hadj-Saïd. Acculé par un reportage d’un quotidien national qui a démontré que les hôtels, notamment publics, manquent d’hospitalité, le ministre, pourtant fin connaisseur du système, a eu une réponse intrigante : « la performance du tourisme ne se mesure pas à l’accueil des hôtels ».
Malgré cet immense retard, les responsables du tourisme algérien se fixent l’objectif fou d’accueillir 25 millions de touristes en 2030. Une arlésienne qui s’ajoute à d’autres promesses fantaisistes, mais jamais tenues. Comment peut-on, en effet, se fixer un tel objectif lorsqu’on sait que le pays ne compte que quelques établissements de standing international ? Pis, l’Algérie ne fait même pas la promotion de son tourisme ; elle est plutôt victime d’une mauvaise publicité qui la montre comme un pays à risque sur le plan sécuritaire.
Essaïd Wakli