Au-delà des aspects sécuritaires, diplomatiques et politiques, la prise d’otage de In Amenas aura certainement d’importantes incidences sur le secteur économique. Le marché mondial des hydrocarbures, notamment le gaz, est le premier à en pâtir.
Si, pour l’instant, cette prise d’otage n’a pas encore provoqué une onde de choc sur les marchés mondiaux du gaz, l’Agence internationale de l’Energie a indiqué que cela aura sûrement un impact sur les exportations algériennes, notamment. « Cette prise d’otage plane un nuage noir sur les exportations algériennes de gaz », a indiqué cette agence. Ce constat découle du fait que le site visé représente 12 % de la production gazière et 18 % des exportations algériennes. Soit aux cours actuels des revenus annuels de 3,9 milliards de dollars, selon l’analyste Thierry Bros de la Société générale.
Autre conséquence de cette attaque : le risque de voir les sociétés étrangères quitter le pays ou, tout au moins, réduire leurs activités. « Les compagnies pétrolières internationales donnent une grande importance à la protection de leurs employés et ils ont montré une volonté de fermer leurs opérations si leur sécurité était considérée comme menacée », indiquent dans ce sens les analystes de Barclays Helima Croft et Christopher Louney. Plusieurs compagnies pétrolières occidentales – la major britannique BP, la norvégienne Statoil (toutes deux touchées par la prise d’otages) et l’espagnole Cepsa – ont commencé jeudi à évacuer des employés d’Algérie. BP a ainsi confirmé vendredi que trois vols avaient quitté l’Algérie la veille avec onze de ses employés ainsi que « plusieurs centaines » de salariés d’autres entreprises et qu’un quatrième vol était prévu vendredi.
Cette attitude est accélérée par un sentiment d’insécurité. Surtout que, au plus fort des années de terrorisme, aucun site pétrolier n’a été attaqué. Du coté des entreprises françaises, on est plutôt à la relativité. Cet attentat « n’aura aucun impact sur la présence des entreprises françaises dans le pays », affirme Laurence Parisot, présidente du Medef. Le groupe français Total a refusé tout commentaire, selon les agences de presse. Du coté algérien, la règle est au silence.
Essaïd Wakli