Rebrab vs le gouvernement/ L’affaire prend de nouvelles proportions

Redaction

L’homme d’affaires algérien, Issad Rebrab, soupçonne les autorités algériennes de vouloir le mettre en prison pour le punir, suite à ses déclarations où il a mis en cause la politique économique suivie par le gouvernement. Le patron de Cévital ne s’est pas arrêté là. Il a accusé nommément le ministre de l’Industrie, Abdesselam Bouchouareb, et le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, de bloquer ses projets d’investissements. « Ils veulent me faire taire », a déclaré le patron algérien à plusieurs médias.

Dès que l’homme d’affaires a porté des accusations publiques, les autorités se sont empressées de réagir. Le ministre de la Communication, Hamid Grine, a indiqué, lors de son passage au forum d’El Moudjahid, qu’il « n’y a aucun mandat d’arrêt » contre Issad Rebrab. Mais il a ajouté une phrase énigmatique qui laisse planer le doute sur les intentions des autorités. « Rebrab doit répondre à la justice », si affaire il y a. Pis, faisant un parallèle avec une plainte déposée contre El Watan TV, le ministre de la Communication indique que ce qui « s’appliquera à la chaîne, qui  sera poursuivie en justice, le sera aussi à l’homme d’affaires étant donné qu’il  est tout autant responsable de ce qu’il a dit ». « S’il y a délit, M. Rebrab répondra  de cela devant la justice », a-t-il dit.

Même le DGSN (Directeur général de la sûreté nationale) s’est mis de la partie. Abdelghani Hamel a démenti tout mandat contre Issad Rebrab. Mais ce dernier rappelle, sur le site d’El Watan, que « la décision n’est pas entre les mains de Mr Hamel » mais plutôt de « Bouteflika et Gaîd-Salah ».

Comme Issad Rebrab n’est pas un patron ordinaire, son affaire risque de prendre de nouvelles tournures. Les travailleurs de Cévital, à Béjaïa, menacent de sortir dans la rue. Des étudiants de l’université de la ville ont exprimé la même menace.

Le ministère de la justice devait publier un communiqué pour s’expliquer sur l’affaire.

Essaïd Wali