C’est un chiffre qui fait froid dans le dos ! Pas moins de 50% du cheptel laitier est perdu en Algérie. Cela signifie tout bonnement que 50 % de nos vaches laitières finissent dans les abattoirs. C’est Walid Bouabdellah, vice-président de l’Organisation nationale de développement agricole (ONDA), qui a révélé, jeudi, cette information étonnante. Ainsi, l’Algérie sacrifie ses vaches laitières alors qu’elle accuse un manque de 1,5 milliard de litres de lait chaque année. En 2014, les importations de l’Algérie en poudre de lait ont atteint un niveau historique avec une facture de 1,8 milliard de dollars.
Pourquoi nos vaches laitières sont abattues aussi massivement ? Le responsable de l’ONDA pointe du doigt la hausse des prix de l’alimentation, conséquence de deux années de sécheresse. »Ces pertes ont été notamment essuyées par de petits éleveurs, essentiellement des jeunes investisseurs des wilayas du nord du pays, qui n’ont pas assez de terres pour produire du fourrage », a-t-il expliqué dans une déclaration à l’APS.
« C’est dramatique de voir une race de vaches de renommée internationale, importées à raison de 300.000 DA la tête, finir dans les abattoirs », a-t-il encore confié, appelant les pouvoirs publics à intervenir en urgence pour « apporter des solutions à cette situation catastrophique ». Et parmi les solutions proposées, Walid Bouabdellah suggère l’installation d’une commission nationale pour étudier la révision du prix de revient du litre de lait cru estimé par les éleveurs à 70 DA, alors qu’il est cédé actuellement à 40 DA. Les élévateurs algériens ont besoin aussi d’un dispositif d’accompagnement pour faire face à la sécheresse qui a sévi ces deux dernières années et qui a réduit considérablement la production fourragère, d’où la forte hausse des prix des aliments. « La botte de paille est cédée à 500 DA en pleine saison, et atteint 1.000 DA en hiver, alors que celle de foin a franchi la barre des 1.500 DA, sans oublier le son dont le quintal s’affiche à 3.000 DA », indique le vice-président de l’ONDA.
Enfin, d’après Walid Bouabdellah, l’Etat algérien subventionne la poudre de lait importée à raison de 37 DA/litre contre une prime de 12 DA/litre accordée à l’éleveur local. « Dans ce cas, nous sommes en train de soutenir l’éleveur étranger et pas le notre », a-t-il dénoncé.