A l’issue du procès qui a eu lieu ce lundi 11 mai, le procureur de la République près le tribunal d’El-Oued a requis deux ans de prison ferme à l’encontre de Rachid Aouine et quatre de ses camarades poursuivis pour « atteinte à corps constitué », a-t-on appris d’un membre du collectif d’avocats des prévenus, mis en place par la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH). Le verdict est mis en délibérée au 25 de ce mois de mai.
Cette affaire, faut-il le rappeler, concerne une vidéo montrant un jeune manifestant d’El Oued qui aurait subi des actes de violence de la part des éléments de la Gendarmerie nationale qui l’avaient arrêté lors de manifestations contre les coupures répétitives du courant électrique dans la région d’ « Oumia Sunna », survenues en août 2012. Les cinq mis en cause sont accusés d’être les auteurs de cette « vidéo truquée ».
الفيديو الذي اتهم رئيس مكتب الوادي للجنة البطالين » رشيد عوين » بفبركته ، قصد الانتقام منه وتصفية الحسابات معه .
Posted by اللجنة الوطنية للدفاع عن حقوق البطالينCnddc المكتب الوطني on jeudi 30 avril 2015
Or, à en croire Me Abdelghani Badi, l’un des membres dudit collectif, « aucune expertise prouvant cela n’a été présentée ». « La justice devrait plutôt faire la lumière sur les actes de torture dont se plaint le jeune manifestant dans la vidéo en question que de poursuivre des personnes qui n’ont rien à voir, comme l’a démontré l’audience de ce matin à travers les déclarations des personnes interrogées », déplore Me Badi, qui estime que « le réquisitoire du Procureur est aux antipodes des dispositions du code pénal, notamment les articles 144 bis et 146, qui ne prévoient nullement une telle peine dans pareils cas ».
A souligner que Rachid Aouine est l’ex-douanier par lequel le scandale du gazoduc clandestin alimentant la Tunisie en passant par El Oued, a éclaté. Il est également membre du Collectif national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC). Il purge actuellement une peine de six mois de prison ferme dans une autre affaire. Nombre d’observateurs et de militants des droits de l’Homme dénonce une campagne de représailles à son encontre.