Les deux derniers détenus algériens de Guantanamo, malgré leur refus, ont bel et bien été renvoyés vers l’Algérie leur pays d’origine, qu’ils avaient pourtant quitté depuis des années. L’Algérien Belkacem Bensayah, 51 ans, le dernier à avoir été renvoyé ainsi que son avocat se disent en « colère. »
« Frustration », « Déception » et « Colère ». Ce sont les sentiments de l’avocat de Belkacem Bensayah, qui a lutté pour que son client ne soit pas transféré vers l’Algérie. « Il n’y avait nul besoin de renvoyer cet homme maintenant », alors que « la loi est en train de changer » au Congrès américain pour accélérer la libération des détenus lavés de tout soupçon, a-t-il déclaré ce dimanche à l’AFP.
Pour rappel Belkacem Bensayah était le dernier des six détenus algériens à Guantanamo, ceux que l’on surnommait les « Algerian Six », arrêtés fin 2001 en Bosnie, car soupçonnés de complot d’attentat contre l’ambassade américaine de Sarajevo. Ils étaient arrivés parmi les premiers dans la prison américaine. Sa détention avait été très difficile. « Pendant 3-4 mois, M. Bensayah était enfermé dans une boîte, sans fenêtre, il croyait qu’il était enterré », rappelle l’avocat, citant aussi la « privation de sommeil », les « positions inconfortables », les « températures très basses ». Ainsi le transfèrement vers l’Algérie a été perçu comme une seconde peine pour le détenu qui a encore des séquelles psychologiques de cet internement. « C’est horrible », déplore l’avocat, après douze ans de détention sans preuve à Guantanamo.
Bensayah comme Djamel Ameziane refusaient de revenir en Algérie, car « ils avaient peur des extrémistes ». Ils avaient pourtant espoir de ne pas être transférés car Alger avait promis que « personne ne serait ramené de force, involontairement », se rappelle l’avocat, reçu une cinquantaine de fois à l’ambassade algérienne de Washington.
Et pourtant « les autorités algériennes, ont émis un avis sans objection à la demande américaine de rapatriement vers l’Algérie » rapportait l’APS, il y a quelques jours. L’ambassadeur américain à Alger a indiqué quant à lui ce dimanche 8 décembre que son pays travaillait en « étroite collaboration » avec les autorités algériennes, afin de transférer ce qui reste des détenus algériens dans cette prison. « La fermeture de la prison de Guantanamo est une des politiques du président Barack Obama et nous remercions le gouvernement algérien pour avoir accepté de reprendre ses citoyens », a-t-il conclu.
La rédaction avec AFP