Abdelaziz Bouteflika hésite toujours. Le projet de la révision de la Constitution, initialement prévu pour l’année en cours n’aura finalement pas lieu de sitôt. Il aura lieu « dans les prochains mois », indique le chef de l’Etat lors de la tenue, mardi, du dernier conseil des ministres de l’année qui s’achève.
Ce retard est expliqué, de manière implicite, par le manque d’adhésion de la classe politique, notamment de l’opposition, au projet présidentiel. « (…) la porte demeure ouverte devant ceux qui ne se sont pas encore associés à cette consultation qui reflète l’esprit même de la démocratie et qui est menée dans le respect des différences », indique Abdelaziz Bouteflika dans un court message adressé « à la nation ». Une occasion pour ce dernier de répondre à ceux qui l’accusent de vouloir se tailler une constitution sur mesure. « Le projet de révision constitutionnelle que je proposerai conformément à mes attributions constitutionnelles, n’est pas au service d’un pouvoir ou d’un régime comme cela est prétendu ici ou là. Bien au contraire, il ambitionne à consolider les libertés et la démocratie pour lesquelles se sont sacrifiés les glorieux martyrs de la Révolution de Novembre », écrit ainsi Bouteflika en réponse aux accusations de l’opposition.
Pour affirmer encore sa « bonne foi », Abdelaziz Bouteflika rappelle que ce projet vise à « (…) consolider les assises de notre jeune démocratie pluraliste, dans le respect de nos constantes nationales, tout comme il s’agira de réguler la compétition et même la contestation politiques, en préservant toujours la Patrie de toute anarchie et de toute dérive ».
Mais l’intransigeance de l’opposition ne donne aucune marge de manœuvre à Bouteflika qui devra composer avec ses seuls alliés pour produire une constitution qui n’aura rien de consensuel.
Essaïd Wakli