Il n’y a pas qu’à Paris où les dirigeants algériens s’enrichissent grâce à leurs bonnes affaires immobilières. Alger aussi est un terrain de chasse pour cette caste. Preuve en est, le 27 décembre 1998, Chérif Rahmani, à l’époque ministre chargé du gouvernorat du Grand Alger, a acquis, pour une bouchée de pain, un appartement luxueux situé dans le quartier chic d’El Mouradia.
C’est Naili Benaniba, un citoyen français d’origine algérienne, qui révèle cette affaire dans les colonnes du livre « Alger-Paris, une histoire passionnelle », écrit par les journalistes français Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet. Ce témoin affirme avoir participé à des opérations financières très douteuses. Des opérations auxquelles était associé Chérif Rahmani, l’ancien ministre de l’Aménagement du territoire et de l’environnement et ex-ministre de l’Industrie, de la petite et moyenne entreprise et de la promotion de l’investissement.
Naili Benaniba reconnaît avoir servi,en 1998, de prête-nom à Chérif Rhamni pour l’achat d’un appartement de 300 mètres carrés situé au coeur d’El-Mouradia, non loin du Palais présidentiel occupé par Abdelaziz Bouteflika. La transaction s’est élevée à 420 987 DA, environ 4000 Euros. Le 3 juin 2003, cet appartement sera officiellement racheté, cette fois-ci, par l’épouse de Chérif Rahmani, Zoubida Bentahar, pour la somme de 20 mille Euros. Le même jour, Zoubida Bbentahar revend cet appartement pour la somme de 800 mille Euros ! Le couple Rahmani a donc engrangé une plus-value hallucinante. Naili Benaniba assure qu’il devait toucher une commission de 300 mille euros pour avoir servi de prête-nom. Mais il n’a jamais « vu la couleur de cet argent », témoigne-t-il dans le livre de Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet.