Il y a un match de football pas très loin. En témoigne les klaxons, les banderoles et l’enthousiasme des jeunes. L’ivresse footballistique ne perturbe pas les candidats FLN de Bab El Oued pour les élections locales. Leur bureau est situé au premier étage d’un immeuble juste en face de la salle de spectacle l’Atlas. Ils ont pignon sur rue.
« Ce que nous préconisons avant tout c’est la proximité. Il faut aller vers les gens, leur parler et les faire parler », confie Meghlaoui Fella, candidate de 26 ans.
C’est la plus jeune de la liste FLN de Bab El Oued. Les yeux noisette soulignés de khôl, un foulard qui encercle un visage rond et jovial, Fella a le regard franc et direct. Toutefois, elle s’exprime avec douceur et son sourire reste celui d’une jeune femme timide mais convaincue. Elle n’est pas seule dans le bureau du parti.
Il y a également Bentoutah Sadjiya. A 27 ans, cette magistrate des finances s’engage également auprès de la tête de liste Kettour Hassen. Elle n’est pas dupe quant à l’attente qu’ont les citoyens autour de leur maire. De son côté, le directeur de campagne M. Kais déplore les logements revendiqués par l’ensemble des administrés.
« Ils veulent des logements qu’on ne peut leur donner. C’est bien ça le drame. Imaginez- vous un peu qu’on évalue la demande à environ 7000 dossiers. Et à la fin, la wilaya vous en attribue 100 ! Que pouvons-nous dire au gens», explique M. Kais.
« Les gens ne savent pas que nous avons peu de prérogatives. Le premier représentant de l’Etat qu’ils vont voir lorsqu’ils ont un problème c’est le maire. C’est là tout l’intérêt du travail de proximité : leur faire comprendre ce que l’on peut faire pour eux et le reste, tout ce qui n’est pas de notre ressort », poursuit pour sa part, la candidate Fella Meghaloui.
Les élections, un engagement
Psychologue des travailleurs, Meghaloui Fella croit dur comme fer au FLN. « C’est le parti du peuple ; C’est le parti de nos aïeux», soutient-elle. Elle a grandi dans le FLN et a en mémoire tous les noms de femmes qui ont fait la guerre de libération.
« Il y a un écho terrible des gens de Bab El Oued pour le FLN. Nous sommes en force ici », précise le directeur de campagne. « Le président d’APC Kettour Hassen est le premier président d’APC à se représenter dans cette commune. Tous partaient au bout de cinq ans. C’est un excellent gestionnaire, les gens de Bab El Oued l’ont remarqué. Il est arrivé alors que la commune souffrait d’un déficit. Aujourd’hui nous avons un excédent de 128 milliards de centimes. Notre objectif c’est d’être là pour 15 ans. Et vous verrait ce que Bab el Oued deviendra», lance t-il comme un défi.
Les jeunes candidates ont déjà des programme bien ficelés.
« Ce qu’il faut c’est attirer des investisseurs. Il faut faire rentrer de l’argent à la commune. Bab El Oued a des nombreuses dépenses dans les travaux publics. Et attirer des investisseurs lui permettrait également de créer de l’emploi. Les jeunes femmes ne sont pas effrayées par l’ampleur du travail qu’exige un poste à la mairie. Elles sont 6 femmes sur la liste FLN de la commune et à entendre Fella et Sadjiya, elles sont entièrement à même d’y faire face. »
M. Kais, que la présence féminine a quelque peu effacé, s’emploie à rappeler que la femme est bien meilleure que l’homme. Pour étayer ses propos, il stipule des versets coraniques. En dehors de la différence des genres, ce qui les rend solidaires d’abord, c’est d’être tous des enfants de Bab el oued.
Zineb A. Maïche