L’Algérie ne trouve plus d’inconvénient à une attaque ciblée au Nord du Mali

Redaction

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L’option militaire se précise de plus en plus au Nord du Mali. C’est cette solution, qui parait inévitable, qui se dégage depuis deux jours à Bamako, lors d’une réunion internationale consacrée à ce sujet.

Une intervention militaire dans le nord du Mali est donc imminente. Les intervenants dans cette crise, à commencer par les autorités maliennes, ne semblent disposer de beaucoup d’autres choix. Car, selon le président malien par intérim, Dioncounda Traouré, le problème n’est pas tant de savoir s’il faut négocier ou pas, mais c’est de trouver les interlocuteurs pour cela. « Discuter avec qui ? Avec des terroristes ? », s’est-il interrogé. « Nous ne devons plus perdre la moindre seconde. Il y a un caractère d’urgence, nous sommes engagés dans une course contre la montre », a-t-il dit. Il a apparemment oublié que cette équation, il y a tout de même le Mouvement national de la libération de l’Azawad (MNLA). Mais tout porte à croire que ce mouvement n’a plus d’emprise réelle sur le terrain. Et le MNLA a affiché clairement son choix pour une solution de rechange à l’indépendance.

L’autre signe qui converge vers un recours inévitable à la force est sans doute la position algérienne. Après avoir affiché une hostilité à toute épreuve pour la solution militaire, Alger assouplit de jour en jour sa position. « Nous ne trouvons pas d’inconvénient à une intervention militaire si cela vise à lutter contre le terrorisme », a déclaré Mourad Medelci à Bamako. Le chef de la diplomatie algérienne vient ainsi conforter le clan de ceux qui, à l’image de la France, soutiennent une intervention militaire dans le Nord du Mali.

L’actuel président de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDAO), le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara, a indiqué, ce matin, que le groupe de pays qu’il représente est sur le point d’exécuter la résolution du Conseil de sécurité des Nations-Unies qui a autorisé, même avec une certaine retenue, une intervention militaire dans le Nord du Mali pris en otage par des groupes d’islamistes radicaux.

El-Qaïda au Maghreb islamique a répliqué aux appels français à une intervention militaire. Le groupe terroriste a fait savoir, aujourd’hui samedi 20 octobre, qu’une telle option conduira à la mort des otages. « Je veux dire aux familles des otages que l’option de guerre, apparemment décidée par M. Hollande, signifiera nécessairement qu’il aura signé l’arrêt de mort des otages français. (…) M. Hollande en supportera tout seul la responsabilité », a déclaré un chef de ce groupe à un site mauritanien.

Essaïd Wakli