Le chef d’état-major de l’armée française en visite à Alger du 13 au 15 septembre dans un contexte tendu

Redaction

La confirmation officielle de la visite du chef d’état-major de l’armée française est tombée. Le général Pierre de Villiers est attendu samedi 13 septembre à Alger par le vice-ministre de la Défense nationale Ahmed Gaïd Salah et par le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader Messahel. Le communiqué précise aussi que Pierre de Villiers se rendra en visite dans la quatrième région militaire à Biskra.

Cette visite est loin d’être anodine. Elle intervient moins de 4 mois après celle du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. Le contexte régional très tendu sera donc au programme des discussions, comme le confirme le communiqué. La visite de Pierre de Villiers sera « l’occasion de poursuivre l’étroite concertation entre la France et l’Algérie sur toutes les questions régionales et la nécessité de lutter ensemble contre le danger commun que représente le terrorisme pour l’ensemble de la région ». Une interview de Jean-Yves Le Drian dans Le Figaro le 8 septembre avait déjà donné le ton. S’inquiétant de la « dégradation de la situation sécuritaire en Libye », le Ministre de la Défense n’avait pas caché les ambitions de la France. « Nous devons agir en Libye » avait-il déclaré au Figaro.

Interrogé en marge de la conférence sur « le rôle des femmes dans la cohésion familiale et la stabilité sociale », le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a affirmé qu’il ne croyait pas que « de tels propos auraient été tenus par le responsable français » et qu’il était « nécessaire de se référer à la déclaration intégrale du ministre ». Il a ajouté que la visite officielle de Pierre de Villiers était programmée depuis longtemps et qu’elle n’avait « aucun lien avec les développements survenus dans la région ».

La position de l’Algérie sur le dossier libyen est connue. Alger prône la voie du dialogue plutôt que l’intervention militaire pour en finir avec les violences armées qui minent la Libye depuis la chute du régime de Kadhafi. « C’est la nécessité d’un dialogue entre les antagonistes libyens devant aboutir à la réconciliation nationale qui fait l’unanimité pour consolider les acquis démocratiques, à travers des institutions élues et un parlement dont sera issu le gouvernement qui garantira la stabilité en Libye », a réaffirmé le chef de la diplomatie algérienne.