Le Ministre des Affaires étrangères marocain attaque : « Notre conflit aujourd’hui n’est pas avec le Polisario mais avec l’Algérie »

Redaction

Le ministre marocain des Affaires Etrangères, Salaheddine Mezouar, s’en est violemment pris à l’Algérie qualifiant sa position sur le Sahara Occidental de « minable ».

Le Maroc dérape à nouveau. Quelques semaines après la sortie hasardeuse de son Premier Ministre sur la fermeture de la frontière terrestre entre les deux pays, son ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, attaque à son tour l’Algérie. Cette fois, la pique marocaine contre l’Etat algérien relève de la position de ce dernier dans le dossier du Sahara occidental.

« Des méthodes vraiment minables »

« L’Algérie utilise tous les moyens financiers et logistiques pour contrecarrer les efforts du Maroc visant à trouver une résolution à cette question », a ainsi déclaré Salaheddine Mezouar, lors d’une audition publique devant une commission parlementaire, rapporte ce vendredi l’AFP. « La dernière chose a été (la désignation de) cet envoyé spécial de l’Union africaine. (…) Quand on voit les tentatives du régime algérien pour contrer nos efforts, nous constatons que les méthodes utilisées sont vraiment minables », a-t-il enchaîné, ajoutant: « Notre conflit aujourd’hui n’est pas avec le Polisario mais avec l’Algérie ».

Cette étrange sortie marocaine est liée à l’envoi, par l’Union africaine, de Joackim Chissano, ancien président du Mozambique, comme « envoyé spécial pour le Sahara Occidental ». Une décision que le Maroc, qui ne veut toujours pas reconnaître le droit des Sahraouis à l’autodétermination, désapprouve fortement. Surtout que le Maroc a quitté l’Union africaine en 1984 pour protester contre l’acceptation de l’adhésion de la RASD (république arabe sahraouie démocratique) comme membre.

Le conflit du Sahara Occidental, qui oppose le Polisario au Maroc, date de 1975 lorsque les forces marocaines ont commencé à occuper ce territoire, jadis colonie espagnole. L’Algérie a toujours soutenu le principe du droit des peuples à l’autodétermination.

 

Essaïd Wakli