Fortunes diverses pour les Algériens. Au moment où des dizaines de milliers de citoyens cherchent à trouver un emploi qui leur garantit un minimum de revenus, les députés se donnent de nouveaux avantages en espèces et en nature.
Le bureau de l’Assemblée populaire nationale a donné une suite favorable à la demande de certains parlementaires pour augmenter l’indemnité d’hébergement, a-t-on appris de sources sûres. Alors que cette prime était de 840 000 DA l’an dernier, elle va être portée, à partir de l’année en cours, à 1,2 million de dinars (120 millions de centimes) par année. Chose qui signifie que les députés auront des primes d’hébergement de 100 000 DA par mois. Une somme qui dépasse de loin le salaire d’un médecin spécialiste ou d’un professeur d’Université.
En revanche, les députés devront désormais payer le repas à 600 DA au lieu de 400 DA habituellement. Mais pour cela, les « représentants du peuple » ont une prime de panier qui dépasse les 22000 DA. Une simple opération arithmétique peut donner le vertige : l’indemnité de base d’un député est de 270000 DA. A cela s’ajoute la prime d’hébergement de 100000 DA, une « aide » sur le téléphone de 5000 DA, une indemnité de « panier » de 22000 DA. L’addition de tous ces montants donne un « salaire » de près de 400000 DA aux députés et sénateurs de base. Car, les autres responsables (des commissions ou de groupes parlementaires…) ont des primes de responsabilités pouvant atteindre jusqu’à 100 000 DA.
Il n’y a pas que cela. Les parlementaires disposent aussi d’avantages en nature. Ils ouvrent droit à des prêts sans intérêts pour l’achat d’un bien immobilier ou de véhicules. Certains d’entre eux bénéficient de billets d’avions gratuits et d’autres de missions à l’étranger. Quant au travail que doit accomplir un élu à l’assemblée nationale, à l’exception de certains députés qui sortent sur le terrain, les autres ne connaissent même pas le programme de l’actuelle session du parlement.
A. S avec Essaïd Wakli