L’Algérie également victime de son opposition ?

Redaction

Il est indéniable que la réélection aux forceps d’Abdelaziz Bouteflika à la magistrature suprême et le maelstrom sécuritaire à nos frontières induisent une situation nouvelle, chargée d’incertitudes, pour l’Algérie. Autant l’intégrité du pays que son unité se voient sérieusement ébranlées, voire franchement menacées.

Consciente de cet état de fait, l’opposition a rapidement sonné l’alerte. En proie à des clivages têtus, celle-ci n’a pu, toutefois, se serrer les coudes et parler d’une seule voix. C’est ainsi que deux initiatives majeures ont vu le jour.

D’une part, il y a celle de la CNLDT, un conglomérat de partis et de personnalités, qui se donne pour finalité le changement de régime par une transition démocratique négociée. De l’autre, il y a celle du FFS qui aspire à définir les contours d’un nouveau consensus national à même de prémunir le pays contre les périls qui le guettent.

Quelques mois après leur lancement, force est de constater que ces deux initiatives tâtonnent. La raison est la même : l’entêtement des partis du régime à maintenir le statu quo et à garder la haute main sur les affaires publiques.

Si ces partis de l’allégeance ont affiché une franche hostilité, relayée par leur imposant appareil médiatique, quant aux acteurs de la CNLDT, ils ont, du moins dans un premier temps, pris fait et cause pour celles du FFS, avant de se raviser et de les torpiller par des velléités d’imposer des lignes rouges, notamment le respect de la légitimité de Bouteflika.

En réaction, la CNLDT prospecte les voies et moyens d’investir la rue, en s’arrimant au mouvement social et en faisant siennes les revendications de la puissante protesta anti-gaz de schiste dans le Sud. Dans cette optique, elle compte organiser le 24 février en cours, des manifestations populaires dont les formes ne sont pas encore précisées. S’agit-il de marches, de rassemblements de masse ou de sit-in symboliques des directions ? Le pari peut-être lourd de conséquences, si la mobilisation ne venait pas à être au rendez-vous.

Le FFS, pour sa part, semble faire le dos rond, suite à la volte-face des partis du régime. Refusant de remiser son initiative au placard, il affirme, par le truchement de son premier secrétaire, Mohamed Nebbou, que «les ressources du dialogue ne sont pas toutes épuisées». Mieux, il avance, en signe d’optimisme, qu’un «groupe de contact est en train de se constituer et les partis ont délégué des membres» à la conférence de consensus, fixée initialement au 23 et 24 février en cours et reportée sine die. Les jours et semaines prochains vont connaître des décantations qui vont soit reconduire le statu quo actuel et mettre notre pays sur l’orbite du chaos, soit refonder le système politique algérien sur des bases nouvelles à même d’ouvrir de nouvelles perspectives à notre peuple.

 Rachid Ikhenoussène