Liberté de réunion : un droit gravement bafoué en Algérie selon le Réseau Euro-méditerranéen

Redaction

La liberté de réunion en Algérie est gravement bafouée par des pratiques répressives et des lois sévères qui limitent l’exercice de ce droit. C’est ce qui ressort principalement du dernier rapport du Réseau Euro-méditerranéen, publié le 8 décembre dernier, à la veille de la célébration de la Journée mondiale des Droits de l’Homme.  

Dans son dernier rapport, intitulé « La liberté de réunion menacée l’opposition bâillonnée dans la région Euro-méditerranéenne », le Réseau Euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) tire la sonnette d’alarme quant au droit à la liberté de réunion pacifique toujours plus bafoué dans la région et particulièrement en Algérie. Le rapport qui évalue les menaces touchant à la liberté de réunion et de rassemblement dans la région Euro-méditerranéenne a souligné que la situation de la liberté de réunion en Algérie est gravement bafouée. Il a souligné, à ce propos, que «les réunions et manifestations – surtout lorsqu’elles sont critiques envers le pouvoir— sont vues par les États  comme un risque sécuritaire et politique à contenir, et non comme un phénomène constitutif de la vie démocratique et un droit dont les autorités doivent faciliter l’exercice ».

Le REMDH dénonce la répression

Le REMDH, regroupant 80 organisations et institutions de défense des Droits de l’Homme, a précisé que «la liberté de réunion et de manifestation en Algérie est sérieusement entravée, depuis 1991, par des lois et des pratiques abusives qui limitent l’exercice de ce droit. Cependant, les citoyens algériens n’ont pas cessé pour autant de revendiquer leur droit à l’utilisation de l’espace public pour exprimer leur mécontentement face à la dégradation de la situation politique, économique et sociale ». Le rapport met l’accent sur la répression adoptée par l’État algérien à travers le déploiement, à chaque manifestation ou rassemblement pacifique, d’un dispositif sécuritaire renforcé, pour empêcher les manifestants d’appeler « au changement et à la démocratie ».

Le rapport souligne qu’en dépit du durcissement de la politique de répression adoptée par le pouvoir algérien, cela n’a pas empêché « la mobilisation de secteurs socioprofessionnels comme les gardes communaux, les chômeurs, les enseignants, les étudiants, des travailleurs de l’administration publique qui demandent une amélioration des conditions de vie ».

Le rapport qui dénonce le recours à la force pour disperser les manifestants recommande à l’État algérien de « garantir que les libertés de réunion, d’expression et d’association peuvent être exercées par tout individu ou groupe sans discrimination basée sur les opinions, origines, sexe, religion » et ce, en mettant en place une législation sur les réunions, rassemblements et manifestations en conformité avec le Droit International et les engagements pris par l’Algérie, en particulier abroger la décision du chef du gouvernement du 18 juin 2001 qui interdit les marches ou toute forme de manifestation publique à Alger; et modifier les articles du Code Pénal prévoyant des sanctions disproportionnées contre des manifestants pacifiques.

Nourhane. S.

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