Pour la énième fois, Madani Mezrag fait son numéro. Il annonce à l’opinion publique et sans aucun respect pour les familles des victimes de terrorisme qu’il va créer un parti politique. Après avoir nargué les Algériens avec ses activités tous azimuts, l’ancien seigneur de guerre, qui a reconnu avoir tué un jeune militaire de ses propres mains, vient donc défier les autorités du pays et les Algériens en fondant un parti politique à partir de son fief de Jijel. C’est dans cette région qu’il a achevé –au moins- un jeune appelé de l’armée qui agonisait.
Madani Mezrag est devenu, en l’espace de quelques années, l’emblème d’un acte adultérin entre le pouvoir et les groupes terroristes. Aussi étrange que cela puisse paraître, les activités politiques de l’homme, pourtant clairement interdites par la charte pour la paix et la réconciliation nationale de septembre 2006, n’est jamais inquiété au moment où des partis politiques particulièrement légaux sont interdits d’activités.
Pour expliquer ses agitations, Madani Mezrag renvoie l’opinion publique à un accord passé avec l’armée. Or, selon tous les médias de l’époque, le seul accord que le général Smaïn Lamari avait signé avec l’AIS est que les terroristes descendent du maquis en contrepartie de la clémence des autorités. A moins que dans les tiroirs de la république, des accords secrets ne sont jamais rendus publics. Et selon Mezrag, ces accords lui permettent, lui et son groupe, de revenir sur la scène politique avec une nouvelle formation politique.
Pour tromper les Algériens, l’ancien émir terroriste explique qu’il veut « le retour de la paix » dans le paix. Comme si les autres acteurs politiques cherchent plutôt la guerre.
En attendant des éclaircissements des autorités, Mezrag, reçu l’an dernier à la présidence comme « une personnalité nationale » semble être rassuré et ne craint désormais plus rien ; il a un Etat parallèle qui l’absout de tous ses actes, passés et présents.
Essaid Wakli