La banche maghrébine d’Al Qaïda envisageait de déloger le membres du mouvement islamiste Ansar Eddine du Nord-Mali. C’est un document découvert dans un immeuble en ruine à Tombouctou, qui révèle le plan qu’avait prévu AQMI.
Ce document écrit en arabe et daté du 18 mars 2012, aété rédigé alors que le groupe Ansar al-Dine et la rébellion touareg (Mouvement national de libération de l’Azawad, MNLA) s’apprêtaient à prendre le contrôle des trois principales villes du nord Mali, Gao, Kidal et Tombouctou. Il a été récemment découvert dans un immeuble qu’Aqmi utilisait comme centre d’entraînement, à Tombouctou, ville anciennement occupée par le mouvement islamiste Ansar Eddine, rapporte le quotidien britannique Daily Telegraph. Aqmi aurait organisé une réunion à laquelle avait participé l’actuel émir, Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossaâb Abdelouadoud, et lors de cette rencontre, l’organisation avait prévu de prendre «le commandement» du combat islamiste au Mali.
Dans ce plan secret, il est révélé que l’émir national de cette organisation terroriste avait discuté avec cinq autres commandants d’Al Qaïda au Maghreb islamique «de la nécessité d’établir un plan pour commander et contrôler le jihad» dans cette région qui était entre les mains de plusieurs groupes islamistes. «Conformément au plan prévu dans le document, Aqmi les a ensuite écartés et a pris de facto le contrôle de 300.000 miles carrés (777.000 km carrés) au Mali », écrit le Daily Telegraph.
Selon le quotidien britannique, cette « technique de récupération politique » qui consiste à laisser agir sur le terrain d’autres groupes islamistes avant de s’imposer sur les territoires conquis est classique du fonctionnement d’Al-Qaïda, qui a notamment pratiqué cette méthode en Afghanistan avec les talibans dans les années 90.
La rédaction avec AFP