Ni les sorties médiatiques de Abdelkrim Abada, ni le communiqué de Abderrehmane Belayat n’ont fait bouger les choses ; la majorité écrasante des membres du Comité central du FLN ont donc suivi les « ordres » de voter pour que l’actuel chef de l’Etat poursuive sa mission à la tête de l’Etat. La morale, les principes et tout le reste peuvent attendre.
Alors que les deux principaux animateurs du mouvement de redressement crient sur tous les toits qu’un nombre important des membres du Comité central sont acquis à leur cause, la réunion de ce matin a prouvé le contraire. Sur les 3300 membres que compte le Comité central du FLN, plus de 300 étaient soit présents physiquement (288) soit par procuration. Il ne reste donc dans le mouvement de l’opposition qu’une vingtaine de membres. Parmi ces derniers, il faut distinguer les anciens ministres comme Amar Tou et Rachid Harraoubia qui refusent, eux, d’être « présidés » par un homme comme Amar Saidani. Mais face à l’obstination du chef de l’Etat, dont les objectifs sont désormais connus, rien ne résiste.
Même des « opposants » tels que Boudjemaâ Haichour, ont dû se résigner. Alors que l’ancien ministre des TIC avait affiché publiquement son opposition à l’actuel secrétaire général du FLN dont la désignation a été jugée illégale, il revient à de meilleurs sentiments. « Oui, les lois du parti ont été transgressées, mais ne me demandez surtout pas de quitter mon parti », a-t-il répondu à une question sur ses positions contradictoires. « Ma présence ne signifie pas que je cautionne », dit-il.
Malgré cet unanimisme ambiant, le groupe de Belayat et Abada tente de sauver les meubles. Ils veulent organiser une autre session du Comité central. Mais cette réunion n’aura pas beaucoup de chances de réussir. Car, la légitimité est maintenant transférée vers un autre terrain ; les pour et contre Bouteflika. Or, sur ce terrain-là, tout le monde – ou presque – va se ranger du coté des puissants du moment. Au FLN, l’hésitation ne fait partie des traditions de la boite. « Celui qui n’est pas avec nous est contre nous », disent les anciens du parti unique. Et cela ne changera pas de sitôt.
Essaïd Wakli