Procès Khalifa/Une comédie qui n’amuse personne

Redaction

« Tout ça, pour ça ». Ceux qui ont suivi, sur les colonnes des journaux et durant 45 jours, le déroulement du procès Khalifa au Tribunal criminel de Blida, s’interrogent, maintenant sur le sens à donner au verdict prononcé ce mardi 23 juin.

Face à un homme qui, de l’avis même du Tribunal, a causé la faillite de la première banque privée en Algérie, la Justice n’a visiblement pas su se comporter. Car, demander 18 ans de prison et, comble de l’ironie, un million de dinars contre un homme qui a été à l’origine de pertes évaluées à plus de 2 milliards de dollars est une blague de mauvais goût.

Il est difficile, voire même interdit, de commenter une décision de Justice, cela étantt passible de sanctions pénales. Mais se poser la question sur le déroulé de ce procès est plus que légitime dans un pays où, c’est connu, l’indépendance de la justice est un fantasme.

Plus que cela, penser et faire croire que Abdelmoumène Khalifa est un homme « seul » est une autre farce. Il est vrai que pour les besoins de la consommation médiatique, l’homme a décidé de ne citer personne et contrairement à ses anciennes assertions où il laissait entendre que de hauts responsables l’ont aidé lors de la construction de son empire ou lors de la violation des lois de la République, Khalifa a décidé, cette fois-ci, de n’impliquer personne. Même pas…sa petite personne, puisque l’homme n’a pas plaidé coupable.

L’autre « tâche » noire de ce procès aura été la non convocation de personnalités politiques importantes. D’anciens ou actuels ministres, à l’image de Mourad Medelci, sont pourtant cités plusieurs fois lors des auditions, n’ont même pas daigné répondre à la convocation du juge qui voulait les entendre comme témoins.

Tous ces éléments démontrent que le procès Khalifa a été non seulement banalisé, mais a été expurgé de ses zones d’ombres et réduit à une petite comédie où Abdelmoumen Khalifa a joué son propre rôle. Une manière de dire aux Algériens que « nous avons jugé des gens ». Mais ça, c’est une vieille rengaine qui ne convainc plus personne.

 Essaïd Wakli

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