Louisa Hanoune revient à la charge. La secrétaire générale du Parti des Travailleurs a mis en garde contre l’instauration d’un Etat «militaire» dans le pays. « L’équilibre a été rompu au sein de l’institution militaire. C’était un démantèlement et non pas une réforme. La purge se poursuit et l’impact immédiat consiste à fragiliser l’immunité sécuritaire du pays. C’est un appel pour la généralisation de la corruption et la prédation du pays », a-t-elle déclaré lors de l’ouverture des travaux du bureau politique de son parti, tenu ce mardi à Alger.
Louisa Hanoune trouve d’ailleurs « bizarres » les changements dans les services de renseignements. Elle estime que le pays « va être livré à l’oligarchie ». La preuve ? Louisa Hanoune pointe du doigt l’instrumentalisation de la justice, notamment dans l’affaire du général Benhadid. « En plus de toutes les violations légales, il y a une confusion entre la justice militaire et la justice civile. Ce sont les gangs qui utilisent ce genre de pratique et non pas l’État », dit-elle, avant de condamner le sort réservé à la chaîne de télévision privée El Watan TV. « C’est de l’instrumentalisation de la justice contre la liberté d’expression. Cette décision étrange est très grave », ajoute-t-elle.
Et c’est justement pour dénoncer toutes ces pratiques qu’elle dit ne pas vouloir soutenir le programme du président de la République. Répondant à Amar Saadani qui invite les partis politiques à un comité de soutien à Abdelaziz Bouteflika, Louisa Hanoune indique : « Nous ne sommes pas concernés par ce comité de soutien. Il ne correspond ni à notre démarche politique, ni à notre vision ».
Essaïd Wakli