Quand Bouteflika considérait l’Algérie comme « membre de l’union européenne » parce qu’elle était « un département français »

Redaction

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Il n’y a pas que Abdelmalek Sellal qui a de l’humour dans notre pays. Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika est aussi, visiblement, un talentueux blagueur. Et c’est Lila Haddad, l’ancienne correspondante permanente de l’ENTV à  Bruxelles entre 1999 et 2002 qui nous révèle une histoire amusante, mais politiquement lourde de sens. 

En effet, dans un témoignage publié sur le site internet Dz Activiste, cette ancienne correspondante de l’ENTV nous apprend qu’en décembre 2002, en marge de la cérémonie du paraphe des accords d’association euro-algériens, Abdelaziz Bouteflika avait expliqué à ses interlocuteurs européens, Romano Prodi, à l’époque, Président de la Commission européenne, que  l’Algérie est normalement un membre naturel de l’Union Européenne parce qu’elle fut au moment de la naissance de cette Union un « département français » !

« En vérité,  l’Algérie n’a pas besoin de devenir membre associé de l’Union européenne puisque lors de la signature des traités de Rome en 1957, l’Algérie était un département français. La France étant membre fondateur de l’Union européenne, nous sommes donc déjà dans l’Union européenne », avait alors indiqué Bouteflika, explique Lila Haddad qui a assisté à cette scène. Ces déclarations auraient  « ahuris, certains journalistes algériens et arabes » qui se lançaient « des regards furtifs et se murmuraient des commentaires tantôt goguenards tantôt rageux », nous raconte encore Lila Haddad.

Bouteflika pensait-il vraiment ce qu’il avait déclaré ? Rien n’indique réellement qu’il était sérieux en utilisant le passé colonial de l’Algérie pour plaire à ses interlocuteurs européens. Rien n’indique non plus qu’il s’agit d’une blague à travers laquelle Bouteflika voulait mettre à l’aise les dirigeants européens. Quoiqu’il en soit, la légèreté de ces propos aurait pu susciter une véritable polémique si le grand public avait pris connaissance des circonstances de ces déclarations. L’Algérie a certainement de meilleurs atouts à faire valoir auprès de l’Europe que son passé colonial encore atrocement enraciné dans sa mémoire.