RCD/ « Il y a une emprise des sectes sur les institutions de l’Etat »

Redaction

Pour le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), « le feuilleton de l’été 2015 marqué par une série de limogeages et de nominations, effectuée à la hussarde, dans les corps de sécurité suscite légitimement des questionnements sur les tenants et aboutissants de l’opération et de son agenda ».

« Ce remue-ménage opaque et interne au système ne peut que laisser des traces aux conséquences graves sur le fonctionnement et la crédibilité des institutions. Le récent départ du chef du DRS s’inscrit dans la logique des appétits claniques et ne clôt en rien les luttes du sérail. Il ne peut signifier une quelconque amorce d’un Etat civil tant espéré. Bien au contraire, il confirme l’emprise des sectes sur les institutions politiques. Le système politique qui a ruiné le pays s’apprête à renouveler son diktat au détriment de la souveraineté du peuple algérien », analyse le parti de Mohcine Belabbas dans sa résolution ayant sanctionné les travaux de la session de son Conseil national, tenu hier vendredi.

Inscrivant ces restructurations dans leur contexte, actuellement marqué par la chute vertigineuse des revenus des hydrocarbures, le RCD les interprète comme « une diversion » dont l’objectif et de détourner l’opinion publique des véritables dangers qui guette le pays. « Attendu sur les mesures à entreprendre pour endiguer une situation financière qui réduit de larges couches de la population à la précarité et au désarroi, le pouvoir fait dans la diversion et masque ses échecs et son incompétence en polluant l’opinion par de supposées divergences au sommet de l’Etat », lit-on dans le même document. Le parti d’opposition en veut pour preuve la « médiatisation grotesque d’un ex chef terroriste (Madani Mezrag, ex-chef de l’AIS, NDLR) et à des joutes oratoires stériles sur une école, au demeurant, otage d’une surpolitisation » ainsi que le « peu d’échos médiatiques de condamnation et d’indignation »suite à la mort de deux détenus mozabites en prison à Ghardaïa.

A l’occasion, le RCD réitère sa revendication consistant en « la dissolution de la police politique qui régente la vie publique », car, estime-t-on, cette question « est plus que jamais à l’ordre du jour ». Le RCD ne manque pas de s’en prendre à ses adversaires au pouvoir. « Les partis de l’opposition, s’indigne-t-on, continuent de subir les interdictions et les entraves de toutes sortes pendant que les directions des partis du pouvoir sont ‘fabriquées’ par des laboratoires occultes engendrant de fait une vie institutionnelle des plus factices. »

S’agissant de la crise économique qui affecte durement le pays, le RCD estime qu’elle « n’est pas la résultante du seul choc externe longtemps annoncé par bien des experts, elle est endogène au système politique fait de prédation et qui bride l’ensemble des investissements matériels et humains. Même un baril à 80 dollars, souligne-t-on encore, ne peut constituer une solution au problème. Ce seront les couches les plus défavorisées qui seront frappées le plus sévèrement. La baisse de leur revenu ne manquera pas de générer un chaos lourd de conséquences. »