Une fois n’est pas coutume, le secrétaire général du FLN s’attaque au gouvernement. Se mettant dans une posture d’opposant, Amar Saadani estime, lors d’un discours prononcé mardi à l’ouverture des travaux du Bureau politique de son parti, à Alger, que l’Etat « a abandonné le Sud » du pays.
« Est-il normal que tous les centres de formation soient situés dans le Nord. Les policiers, les gendarmes, les douaniers, les administrateurs sont formés dans le nord. Les grands projets sont attribués à la région du nord. Qu’a-t-on fait alors pour le Sud ?», interroge Amar Saadani devant les membres du Bureau politique de sa formation. Il estime que «la situation à In Salah n’aurait pas dégénéré si un dialogue franc avait été engagé avec la population» qui ajoute que « nous avons abandonné cette région ».
S’exprimant au sujet du refus des populations du Sud de l’exploitation du gaz de schiste, Amar Saadani dénonce le fat que les autorités n’ont pas mené les consultations au préalable. «Nous avons d’abord commencé pas l’exploration des puits avant de s’adresser à la population du Sud pour dissiper les craintes et les appréhensions, ce qui n’était pas tout a fait juste », a-t-il indiqué.
« Á Touggourt les gens sont sortis pour les terrains, à Tamanrasset pour la sécurité, à Ouargla pour le travail et aujourd’hui à In Salah. Je crains que le Sud ne soit utilisé comme prétexte pour déstabiliser le pays, comme ce fut le cas pour nos voisins qui ont connu des révoltes ces dernières années », indique le secrétaire général du FLN, lui-même issu de Oued-Souf, une ville du Sud Est- du pays.
E. Wakli