Gronde sociale près de Béjaïa. Les aiguillages de la voie ferrée sont soudés au niveau de la station d’Allaghen et la route nationale 26 bloquée à l’aide d’objets hétéroclites. Des milliers de citoyens sont bloqués par ce mouvement de protestation, décidé par les villageois d’Iftis, dans la commune de Boudjellil, pour revendiquer l’amélioration de leur cadre de vie.
Les villageois d’Aftis, dans la commune de Boudjellil, ont procédé à la fermeture de la RN 26, menant de Béjaïa à Alger, et à la voie ferré desservant cette ville côtière. Des objets hétérocycliques sont déployés depuis une semaine par les manifestants en colère, pour crier leur ras-le-bol de la situation « lamentable, et insupportable » qui règne dans leur localité. « Les autorité sont resté de marbre face à notre malheur. Comment voulez vous qu’on fasse. On ne demande pas la Lune, on demande juste qu’on nous fasse les commodités les plus vitales. Notre région manque de tout. Notre village n’est pas branché au réseau de gaz naturel, on manque d’eau potable. Les eaux usées coulent à ciel ouvert dans notre village, on exige la réalisation d’un réseau d’assainissement. La seule route qui désenclave notre village est dans un état impraticable. Plus de 50 ans après l’indépendance, rien n’a été fait pour notre région. On se demande réellement si on a notre part au développement ? », témoigne Mohand, un jeune chômeur de la localité, joint par nos soins.
Paralysie totale
Le recours à ce genre d’actions pour se faire entendre est la seule voie qui leur reste bien qu’il pénalise des milliers d’autres citoyens, qui empruntent quotidiennement cet axe routier, estime les manifestants. « Nous avons épuisé toutes les voies pacifiques. Aucun responsable ne veut prendre en charge nos doléances », affirme ainsi Mohand.
La circulation est quasiment paralysée dans toute la région. La fermeture de la RN26 a engendré d’énormes désagréments pour les usagers du plus important axe routier de la wilaya. La voie ferrée est également paralysée. Les villageois d’Iftis ont procédés au soudage des aiguillages de la voie ferrée au niveau de la station Allaghen. Ce qui a engendré une paralysie totale du train reliant la ville de Béjaïa à Alger.
Avant cette étape, les habitants d’Aftis, en rogne contre les autorités, s’en sont d’abord pris à l’APC et la daïra, fermant les sièges de ces administrations il y a une dizaine de jours.
De leurs côtés, les habitants de Béjaïa ont le sentiment d’être livrés à eux-mêmes. « On se demande s’il y’a des représentants de l’Etat dans notre wilaya. Si oui, pourquoi laissent-ils la situation aller jusqu’à ce point ? Que cherchent-ils ? Les revendications de ces citoyens sont légitimes, pourquoi est-ce que l’Etat, qui a les caisses plaines de dollars, n’accède pas à leurs revendications ? », s’interroge ainsi Hamid, un commerçant de Béjaïa. Des questions qui restent posées face au silence du pouvoir en place.
Arezki IBERSIENE