Lors de sa première conférence de presse après son retour à la tête du RND, , ce jeudi matin, Ahmed Ouyahia s’est fait le porte-parole du système. Il a nié que le système prépare une «succession dynastique».
«Je ne pense pas que le peuple algérien soit un peuple monarchiste et je ne pense pas que le moudjahid Abdelaziz Bouteflika, qui s’est battu depuis l’âge de 16 ans pour ce pays, ait des visions monarchistes», a répondu Ahmed Ouyahia à une question sur la possibilité de voir Saïd Bouteflika remplacer son frère à la tête de l’Etat. Le nouveau chef du RND est même allé jusqu’à assurer que Abdelaziz Bouteflika « va aller au bout de son mandat ». Le président Bouteflika « accomplit sa mission convenablement », a-t-il ajouté.
Autre mise au point apportée par Ouyahia : la lettre de Gaïd-Salah à Amar Saadani. Selon Ouyahia, le geste du « patron » de l’armée est « normal » et que la missive a été « surpolitisée ». « Je suis surpris de voir cette lettre sortie de son contexte », a-t-il indiqué. « L’armée est une ligne rouge à ne pas franchir », a-t-il insisté.
Au-delà l’armée, Ouyahia a rendu hommage au DRS qui « a joué un rôle majeur » dans le maintien de la sécurité du pays. Mieux, selon le chef du RND, les services de renseignements ont « empêché » des actions de Daech « grâce » à leur vigilance.
Sur le plan purement politique, Ahmed Ouyahia a dit «niet » à l’initiative du FFS qui appelle à un « consensus national ». Selon le conférencier, cela «n’a aucun sens».
Interrogé sur ses objectifs politiques, Ahmed Ouyahia s’est de nouveau montré modeste et se dit « au service de l’Algérie ». « Lorsqu’on se regarde le matin dans la glace, on ne se demande pas forcément ce qu’on va gagner aujourd’hui, mais plutôt ce que je vais partager avec les miens », a-t-il imagé. Il a rappelé sa fameuse phrase : «l’Algérie m’a beaucoup donné. J’ai le devoir de payer une partie de la facture», a-t-il dit.
Sur le plan purement partisan, Ahmed Ouyahia a annoncé que le congrès extraordinaire du RND se tiendra en mars 2016. Il rassure également qu’il n’y «aura pas d’élections législatives anticipées ».
Essaïd Wakli