L’affaire de corruption dite « Sonatrach 2 » connaît des avancées judiciaires. D’après le ministre de la Justice, garde des sceaux, Mohamed Charfi, l’enquête avance un « rythme satisfaisant » et rien ne sert de se presser.
La justice algérienne semble ne pas vouloir se presser dans le traitement de l’affaire de corruption impliquant Sonatrach et l’entreprise italienne Saipem. Le ministre de la Justice a indiqué que l’information judiciaire dans l’affaire Sonatrach 2 se poursuivait à un rythme « satisfaisant ». Il a rappelé qu’ « elle ne concerne pas les seules investigations effectuées en Algérie mais elle se prolonge à l’étranger et se déroule en collaboration avec des juridictions étrangères. »
Scandale international
En effet, c’est la justice italienne qui a découvert la première cette grande affaire de malversations impliquant des entreprises et des acteurs de plusieurs pays. Italie, Algérie et Canada, Saipem, Sonatrach ou encore SNC Lavalin, sont au cœur de ce nouveau scandale. Pour l’heure, la justice algérienne s’est déjà intéressée à l’ex-vice-président, chargé des activités commerciales de la compagnie pétrolière Sonatrach, Chawki Rahal, qu’elle a placé sous mandat de dépôt début avril. Nouria Meliani-Mihoubi, la directrice du bureau d’études CAD, a également été incarcérée. Quant à l’ancien PDG de Sonatrach, Abdelmadjid Attar, a été entendu par le juge mais n’a pas été inculpé. En revanche d’autres personnalités algériennes, n’ont toujours pas été convoquées ou entendues par la justice. Notamment, Farid Bédjaoui, dont le nom a été cité à de nombreuses reprises dans cette affaire n’a toujours pas été inquiété par la justice.
« Un rythme satisfaisant »
Le ministre a toutefois affirmé que « l’instruction se déroulait à un rythme satisfaisant en dépit de difficultés objectives liées à la réponse aux commissions rogatoires internationales adressées à certains pays. » Malgré les critiques prononcées à l’égard de l’efficacité de la justice algérienne, Mohamed Charfi a tenu à réaffirmer que « toutes les affaires relatives à la corruption sont égales aux yeux de la justice » et que « la lutte contre la corruption doit se faire avec sagesse, pondération et fermeté. »
Pour le ministre se presser dans cette affaire où des millions ont été détournés n’a pas de sens, et il « n’y avait aucune raison de faire dans la précipitation dans le traitement de cette affaire ». Mais il a assuré que « tous les justiciables sont égaux devant la justice qui ne privilégie pas une affaire au détriment d’une autre. »
La rédaction avec APS