L’intervention de Abdelmalek Sellal, dans la soirée d’ hier mercredi, sur la chaîne de télévision publique (ENTV) n’a pratiquement rien apporté de nouveau. En plus d’avoir manqué de rassurer les habitants d’In-Salah, le Premier ministre donne l’impression d’incarner, une nouvelle fois, l’autisme qui caractérise son gouvernement depuis des années.
Tout en admettant que les prix du pétrole ne retrouveront pas leur niveau normal de sitôt, Abdelmalek Sellal poursuit son discours excessivement optimiste. Il prône toujours la poursuite d’une politique de dépenses publiques qui a déjà montré ses limites. C’est le cas notamment du financement des projets ANSEJ, par exemple. Le maintien d’un tel dispositif, de surcroît budgétivore, est incompréhensible dans ce contexte de crise.
Pis, en dehors des réserves contenues dans différents comptes affectés à cet effet, le Premier ministre n’a pas expliqué où les autorités trouveront les fonds nécessaires au financement des grands projets budgétivores. Sellal a bel et bien abordé le financement bancaire. Mais il sait très bien que cela ne saurait satisfaire tous les besoins de financement. Vu la multitude des projets déjà lancés, il est pratiquement impossible de parvenir à trouver le portefeuille nécessaire à leur achèvement. En outre, d’ énormes besoins restent encore à combler, notamment en termes de logement et d’accès au travail et à la santé.
Cela n’est guère étonnant. Le Premier ministre a habitué les Algériens à des faux-fuyants. Il en abuse même et pour se donner bonne impression, il fait semblant de jouer à l’homme sincère. Sauf que si la politique peut permettre des mises en scènes, la situation du pays est suffisamment grave et sérieuse pour se permettre de la tourner tout le temps en dérision.
Essaïd Wakli