Actualisé à 16 H 45 : Rafik Haddad, un jeune journaliste de la chaîne de télévision El Watan TV, fermée lundi par les autorités algériennes, a été violemment tabassée par les services de sécurité lors d’un rassemblement pacifique de protestation organisé, mercredi matin, à Alger par les employés devant le siège du parlement algérien. Il a été transféré par la suite en urgence vers l’hôpital Mustapha Bacha, a-t-on appris auprès de Djaffer Chelli, le PDG de la chaîne. Par ailleurs, les autres journalistes interpellés par la police ont été relâchés en fin de journée. Ils ont été détenus pendant plus de deux heures au niveau de plusieurs commissariats à Alger.
Venus dénoncer la fermeture de leur chaîne de télévision, les salariés d’El Watan TV soutenus par quelques dizaines d’activistes d’opposition, ont été brutalement réprimés par des policiers. Une vingtaine de protestataires a même été interpellée, rapportent des témoins du sit-in qui s’est tenu, ce mercredi matin, devant l’Assemblée populaire nationale.
Les travailleurs d’El Watan TV, dont la majorité est constituée de jeunes, ne comptent pas baisser les bras. Ils ont déjà tenu un premier sit-in, lundi matin, devant le siège du ministère de la Communication pour dénoncer « la fermeture arbitraire » de leur télévision.
Les locaux d’El Watan TV, qui emploie près de 170 personnes, ont été fermés de force, mardi matin, par des policiers qui ont agi sur ordre du wali d’Alger. Ce dernier a appliqué une décision du ministère de la Communication qui reprochée à la chaîne la diffusion d’une interview de Madani Mezrag. L’ancien chef terroriste a notamment défié publiquement le chef de l’Etat et d’autres institutions de la République. Il n’est pour sa part pas inquiété.
Essaïd Wakli