Tizi-Ouzou : Tizi-Gheniff, « ville morte »

Redaction

Une première. Jamais une action de protestation n’avait suscité une telle adhésion citoyenne à Tizi-Gheniff, commune située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est du chef-lieu de wilaya de Tizi-Ouzou. Le mot d’ordre de la grève générale de la coordination locale des comités de villages a été suivi à 100%. « Cela a dépassé de loin ce que nous espérions. Nous en sommes très fiers », se réjouissent les animateurs de ladite coordination.

Le chef-lieu de la commune de Tizi-Gheniff, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, a été entièrement paralysé dimanche 28 septembre 2014 par une grève générale, à l’appel de la coordination locale des comités de village, qui dénonce « le marasme économique et la détresse sociale» prévalant au niveau de leur commune.

En effet, à l’exception du siège de la daïra, aucun établissement public ou privé n’a ouvert ses portes aujourd’hui, a-t-on appris de sources locales. « Pas même les vendeurs de tabac clandestins, dont les baraques jonchent les trottoirs de la ville », ont affirmé nos sources.

Ayant adhéré à 100% au mot d’ordre de leurs représentants, les citoyens de Tizi-Gheniff revendiquent, entre autres, « la réalisation d’une station d’épuration des eaux usées, d’un hôpital, d’un centre culturel, l’élargissement du chemin de wilaya reliant leur commune à l’autoroute est-ouest, le raccordement de tous les villages de la commune au réseau Internet ainsi que l’aménagement urbain du chef-lieu communal », selon l’appel à la grève signé par une quinzaine de comités de villages, auxquels se sont joints l’association des commerçants et les représentants des transporteurs de la commune.

Les protestataires ont tenu un rassemblement devant le siège de l’APC durant la matinée pour dénoncer « l’immobilisme des élus, à leur tête le P/APC ». Cependant, « malgré les demandes insistantes des citoyens, le P/APC et ses adjoints n’ont pas daigné sortir de leur bureau et adresser la parole à leurs électeurs », dénonce Chickh Makhlouf, président du comité de village d’Ameddah. « C’est un mépris de trop à l’égard des citoyens de la commune », s’indigne Rabah Berrah, membre du comité de village d’Ivarahen.

Une délégation de représentants des manifestants a été reçue par le chef de daïra, dont le rôle est réduit, selon les animateurs de la coordination, « à la distribution des logements sociaux ». A l’issue de la réunion, affirment nos interlocuteurs, « nous avons convenu d’une visite du wali au cours de la première semaine après l’aïd, pour que le premier responsable de la wilaya constate de visu le marasme qui prévaut au niveau de notre commune en débattre des solutions à apporter ».

A souligner enfin que nos tentatives de joindre le P/APC et le chef de daïra de Tizi-Gheniff se sont avérées vaines.

Yacine Omar