L’ancien président du Mouvement pour la société et la paix (MSP) estime que la tuerie de Charlie Hebdo est une « simple affaire de gens mécontents qui ont décidé de venger (le prophète). Ça devait s’arrêter là ». L’ancien ministre, qui s’est exprimé sur un plateau de la chaîne dzair TV résume, ainsi, sa pensée sur un évènement qu’il refuse même de condamner.
Pour Soltani, c’est la France qui a « provoqué » les Musulmans en décidant d’internationaliser la question lors de la marche républicaine, organisée le 11 janvier à Paris.
Les propos de Soltani ne sont pas étonnants. L’homme appartient à la mouvance islamiste la plus perverse. Il fait partie de ces responsables qui prêchent les valeurs islamiques, chose qui ne les empêche pas d’être cités dans des affaires de corruption. Son implication dans l’affaire Khalifa n’est plus un mystère, même si la justice l’avait cité uniquement comme «témoin».
La banalisation du terrorisme, de la mort, est devenue en quelques jours monnaie courante. Cela est pourtant, jusque-là, le seul langage de l’homme de rue. Mais il est adopté par des hommes politiques qui sont appelés, un jour, à présider aux destinées du pays, donc à avoir comme vis-à-vis des chefs d’Etats et hommes politiques étrangers.
Tenir un tel discours ne fait, en fait, qu’aggraver les amalgames qui existent entre le monde occidental et les pays musulmans dont l’élite politique (à l’exception de certains démocrates) ne fait plus l’opinion. Elle s’arrime souvent sur une opinion de plus en plus otage de charlatans qui s’autoproclament muftis ou imams.
Essaïd Wakli