Un sénateur français demande la reconnaissance des « crimes coloniaux » en Algérie

Redaction

À quelques jours du 60è anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération de l’Algérie , Pierre Laurent, sénateur communiste de Paris adresse une lettre au secrétaire d’État, auprès du ministre de la Défense, chargé des anciens combattants et de la mémoire, demandant à la France la réouverture des archives coloniales et la reconnaissance de ses crimes coloniaux.

Dans une lettre adressée à M. le secrétaire d’État, auprès du ministre de la Défense, chargé des anciens combattants et de la mémoire, Pierre Laurent, sénateur communiste de Paris, Secrétaire général du Parti communiste français, demande expressément à la France « l’ouverture de ses archives et la reconnaissance de ses crimes coloniaux ».

À quelques jours du 60è anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération de l’Algérie,le 1er novembre prochain, le Président du parti de la gauche européenne (PGE) demande «s’il ne serait pas également temps que la France reconnaisse toutes ses responsabilités dans les nombreux crimes d’État et crimes contre l’humanité commis en son nom durant ce conflit ».

Avec cette lettre, Pierre Laurent rouvre le débat sur une question très sensible pour la France : celle de la reconnaissance de ses crimes de guerre en Algérie.

Le Sénateur évoque la résolution du 23 octobre 2012 adoptée par le Sénat après les faits intervenus le 17 octobre 1961 et qui doit, selon lui, favoriser « l’ouverture des archives sur cet événement et, au-delà, de toutes les archives concernant les guerres coloniales et leur cortège de répression et de massacres », écrit-il.

L’élu interpelle aussi l’Etat français, dans sa lettre, sur le fait qu’il serait « souhaitable que les archives de l’État soient soumises à des règles communes en matière d’archives conformes au fonctionnement d’un État démocratique ».

Le sénateur communiste souligne que seule la crédibilité des archives nationales peut «contribuer à faire la lumière sur les actions de la France et de son armée dans les pays africains notamment, où elle a participé à de nombreux renversements de pouvoir plus ou moins sanglants ». Pierre Laurent appelle, par ailleurs, à l’abrogation de la notion d’archives « incommunicables » telle qu’elle apparaît dans la loi n° 2008-696 du 15 juillet 2008 relative aux archives.

Pour ce responsable politique français, les archives doivent «échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression » et que  « les scientifiques et les historiens puissent travailler ensemble avec leurs homologues des deux rives de la Méditerranée ». Une tâche qui ne peut, selon lui, être accomplie que si ces derniers peuvent « accéder librement aux archives ».