Wikileaks a encore frappé et offre de nouvelles révélations confidentielles sur l’Algérie. La source est l’ancien ambassadeur de France en Algérie Bernard Bajolet, désormais directeur de la DGSE, les services secrets français. Wikileaks a obtenu ses notes confidentielles concernant l’Algérie et adressées à l’ambassadeur américain.
Bernard Bajolet n’avait pas beaucoup d’espoir pour l’Algérie en 2008 alors qu’il était ambassadeur de France à Alger. Dans un câble diplomatique obtenu par Wikileaks et publié par le quotidien espagnol El Pais, ce dernier dresse le portrait d’une Algérie immobile qui ne parvient pas à se stabiliser politiquement. Ses notes reprennent un entretien qu’il a eu avec l’ambassadeur américain le 23 janvier 2008, à qui il a confié ses réflexions quant à la situation algérienne. Il estimait à l’époque que le pays se dirigeait droit vers l’instabilité.
Politique inapte
Pour Bajolet, le gouvernement était incapable de prendre et d’assumer les décisions difficiles. Il notait également que les partis politiques bénéficiaient de peu de liberté et d’espace d’expression et manquaient clairement de projet politique à long terme. Ce qui explique le désintérêt de la population pour la politique, boudant scrutin après scrutin.
Bajolet s’était également penché que le sort d’Abdelaziz Bouteflika à l’époque. Il explique qu’il avait saisi l’enjeu de la modification de la constitution. L’armée avait accepté cette révision pour offrir à Bouteflika un nouveau mandat en 2009, et que les Algériens le consentaient car ils estimaient que ce serait sans doute le dernier.
Un climat d’affaires difficile
La sphère économique n’a pas été épargnée par les critiques du nouveau patron de la DGSE. Il souligne dans ses notes à quel point le climat des affaires est très compliqué et fermé aux investisseurs étrangers. La création d’emploi en Algérie est quasi-inexistante en Algérie, précise encore l’ex ambassadeur. Enfin l’économie algérienne ne parvient pas à relever son niveau car elle est sans cesse plombée par la corruption qui interfère dans le développement économique, et semble ne pas vouloir se résorber.
Terrorisme
Bernard Bajolet, dans ses notes diplomatiques s’était également inquiété de la propagation du terrorisme et notamment du rôle d’AQMI et de son influence. Il avait alors précisé que l’Algérie était clairement dans la ligne de mire d’AQMI, qui ciblait le gouvernement algérien pour le mettre dans une situation délicate et le fragiliser. Pour lui, AQMI s’attaquait aux étrangers pour les chasser d’Algérie, à l’image quelques années plus tard, de l’attaque de Tiguentourine.