Yasmina Khadra, l’ex-candidat à la présidentielle, a une nouvelle fois étrillé le régime algérien ce mercredi sur le plateau de L’Invité, l’émission de TV5 Monde. Il se dit victime d’une « kabbale ».
Plus d’un mois après avoir échoué à récolter les 60.000 signatures suffisantes pour être candidat à l’élection présidentielle, le romancier algérien Yasmina Khadra garde la dent dure contre le régime. Sur le plateau de l’émission de TV5 Monde, présentée par Patrick Simonin, L’Invité, l’écrivain algérien le plus lu dans le pays et à l’étranger a lancé une nouvelle charge contre le Président-candidat Abdelaziz Bouteflika. « Il est malade. Il a fait ce qu’il a pu. Il a essayé de faire des choses pour l’Algérie. « Il est grand temps pour cet homme d’aller se reposer », a lancé Yasmina Khadra, pour qu’il est pratiquement impossible que le chef d’Etat participe au meeting du 13 avril. Selon des proches du Président-candit, il y a effectivement des chances pour qu’Abdelaziz Bouteflika, qui, à l’âge de 77 ans, brigue un quatrième mandat, apparaisse au au dernier meeting à Alger et ce après 2 ans sans être apparu en public. « C’est pas possible. Déjà à la télé, il a beaucoup de mal à prononcer une phrase ou deux. Je pense qu’il est l’otage d’un cartel qui refuse de céder la place et au vu du dernier passage de John kerry la question a été posée et Kerry a dit à Bouteflika vous aurez tout ce que vous voulez ce qui sous-entend que le régime va brader l’Algérie pour se maintenir », accuse Yasmina Khadra, le visage fermé.
« Voter massivement pour chasser le pouvoir »
Très critique envers le pouvoir en place, l’auteur de Ce que le jour doit à la nuit refuse également d’accréditer Abdelaziz Bouteflika pour le retour à la paix civile après la décennie noire. La stabilité en Algérie, « ce n’est pas lui. Il est venu au bon moment », tranche l’ex-officier de l’armée nationale populaire, qui préfère louer le sacrifice de quelques « 15.000 » soldats, qui ont donné leur vie pour combattre « l’intégrisme ».
Malgré la main mise d’un « cartel » sur le pouvoir en Algérie, le candidat malheureux à l’élection présidentielle 2014 refuse de croire que les dés sont jetés d’avance. « Je refuse de croire que les élections sont jouées d’avance », confie-t-il sur le plateau de TV5 Monde. Il ajoute : « Je crois que les Algériens ont une chance aujourd’hui de changer les choses, de passer aux choses sérieuses ». Pour « chasser le régime en place », « il faut qu’ils votent massivement, massivement », insiste celui qui vient de publier Qu’attendent les singes ?
Victime du pouvoir et des jaloux
Mais d’ailleurs de quels « singes » parle-t-il dans ce livre, se demande le journaliste. « Ce sont ce que je démasque dans ce livre », répond l’auteur, qui énumère ensuite : « les politiques, qui sont devenus des prédateurs, une partie de l’intelligentsia algérienne. Vous savez, vous allez sur le web c’est l’ignominie totale. On m’accuse de plagiat. Des gens qui ne lisent pas mes livres disent que je suis à la solde de la France, du sionisme. Ils essayent par tous les moyens de me discréditer ». Yasmina Khadra va plus loin. Il se dit victime d’une « kabbale », fomentée par le pouvoir et ceux qui sont jaloux de son succès. L’écrivain va même jusqu’à dire que ses détracteurs sont atteint « Khadraphobie ».
Malgré cette « kabbale » et sa déconvenue à l’élection présidentielle 2014, Yasmina Khadra ne ferme pas la porte à une carrière politique en Algérie. « Je vais y réfléchir. En tout cas, je ne peux pas abandonner mon pays », conclut-il.